Retour

Grève : une enseignante explique ses revendications

Des milliers d'enseignants de la province sont en grève jeudi et vendredi, tous rassemblés au sein du Front commun de négociation du secteur public. Une enseignante de maternelle de l'école des Berges de Québec, Josée Paré, nous a invités dans sa classe pour nous expliquer ce qu'elle demande concrètement au gouvernement.

Un texte de Maxime Corneau

La revendication principale de Josée Paré est l'accès aux spécialistes pour ces jeunes élèves de 4 à 5 ans. Sur les 18 enfants dans sa classe, quatre sont en processus de francisation et trois sont en attentes de diagnostic et d'évaluation.

Crédit : Maxime Corneau

Mais l'enseignante peine à obtenir l'accès à des spécialistes pour les aider. L'enseignante voudrait voir dans le réseau de l'éducation plus d'éducateurs spécialisés, d'orthophonistes et de spécialistes en francisation.

« Moi,  on me demande de dire à des enfants : "tu as des difficultés de langage, mais il va falloir que tu attendes et que tu continues à évoluer. Puis, l'année prochaine, tu vas arriver en maternelle, première et deuxième année, et les attentes vont grandir et toi, tes difficultés persistent." C'est difficile de dire ça aux enfants. »

Crédit : Maxime Corneau

La tâche est encore plus difficile lorsqu'il est temps de voir un psychologue. Selon l'enseignante, les psychologues en milieu scolaire sont partagés entre plusieurs écoles. Les évaluations peuvent prendre des mois. Josée Paré voit souvent des jeunes attendre jusqu'à deux ans pour une évaluation.

Moins d'élèves par classe

Josée Paré demande aussi de diminuer le ratio d'élèves par enseignant. Avec les cas lourds avec lesquels elle doit composer, elle estime qu'elle ne peut tout simplement pas donner tout le temps nécessaire aux jeunes.

Crédit : Maxime Corneau

« Ces enfants-là, ils arrivent à l'école. Moi, mon devoir, c'est de m'assurer qu'ils sont en sécurité et qu'ils aiment l'école, de jeter les bases de la scolarisation et de leur faire vivre des réussites. Mais, je ne peux pas y arriver à travers toute ma clientèle. »

Crédit : Maxime Corneau

L'enseignante regrette de devoir descendre dans la rue pour faire entendre ses revendications. Elle aurait souhaité ne pas être en grève, et comprend l'exaspération de certains parents.

« Il y a plusieurs enseignants qui sont eux-mêmes parents. C'est difficile aussi pour eux de trouver une solution. On sait que c'est incroyable pour les familles ce qu'on leur demande. On aurait espéré que le gouvernement écoute nos petits moyens de pression ».

Et si les deux jours de grève ne portent pas leurs fruits, l'enseignante invite le ministre de l'Éducation, François Blais, à venir enseigner une journée à ses côtés. « Je le laisserais vivre ça. Peut-être qu'il ressentirait nos besoins », conclut Josée Paré, le sourire aux lèvres.

Plus d'articles

Commentaires