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Heures supplémentaires « abusives » : les infirmières du CHU de Québec crient victoire

Les infirmières du CHU de Québec, qui dénoncent depuis des années le recours « abusif » aux heures supplémentaires obligatoires, annoncent qu'une entente a été conclue avec leur employeur. La partie patronale versera une compensation financière aux membres du syndicat pour régler près de 500 griefs liés à cette question.

L’entente de plusieurs dizaines de milliers de dollars, mais dont le montant exact n'a pas été dévoilé, touchera quelque 200 infirmières.

Cet accord fait suite à une sentence arbitrale rendue en 2014. Me Marcel Morin avait alors tranché que le recours aux heures supplémentaires obligatoires pour combler des absences était contraire à la convention collective des infirmières du CHU de Québec.

« Aujourd’hui, grâce à cette décision arbitrale importante et à plusieurs mécanismes négociés depuis le dépôt des griefs, on est en mesure de dire que nos efforts ont porté fruit », affirme la présidente de la FIQ, Régine Laurent. Elle parle de « la fin d'un cauchemar ».

Notre ordre professionnel nous dit que quand nous ne sommes pas aptes à exercer pleinement nos fonctions, il ne faut pas les exercer. Or, l’employeur […] les empêchait de partir.

Régine Laurent, présidente de la FIQ

Cette dernière indique que depuis la décision 2014, le recours aux heures supplémentaires obligatoires a reculé de 70 %.

Le temps supplémentaire obligatoire a diminué de façon très importante et n’est plus érigé en système de gestion.

Régine Laurent, présidente de la FIQ

« Les gens étaient prisonniers […] Ils savaient quand ils entraient au travail, mais ne savaient pas quand ils pouvaient quitter. Ça amenait des problèmes familiaux, des problèmes de garderie, des problèmes de fatigue », renchérit Nancy Hogan, présidente par intérim du syndicat des professionnels en soins du CHU de Québec.

Mme Laurent rappelle qu’un autre gain touchant les heures supplémentaires a été fait lors de la signature de la plus récente convention collective des membres de la FIQ, en février 2016.

Le syndicat était parvenu à faire inscrire dans sa convention collective un taux d’employés à temps complet, assurant ainsi une meilleure stabilité des équipes de travail.

La présidente de la FIQ indique que la direction du CHU de Québec a déjà posé des gestes dans cette direction. « Il n’y a pas de solution magique. Il faut rehausser le nombre de postes à temps complet. Il faut stabiliser, sur les unités de soins, celles qui ont des postes à temps partiel. »

Payer du temps supplémentaire, ça coûte plus cher. Donc avoir des équipes stables, c'est toujours payant.

Régine Laurent, présidente de la FIQ

Depuis une dizaine d’années, la FIQ estime que de forcer les infirmières à faire des heures supplémentaires est un « fléau », dommageable à la fois pour les travailleurs et pour les patients.

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