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Hillary Clinton victime d'un « double standard », selon Pauline Marois

L'ex-première ministre du Québec, Pauline Marois, dénonce la politique du deux poids deux mesures qui a, selon elle, été appliquée au détriment d'Hillary Clinton durant la campagne présidentielle américaine.

Un texte de Louis Gagné

Au lendemain de la victoire surprise de Donald Trump, Pauline Marois soutient que la candidate démocrate a été sévèrement critiquée pour des comportements qui, laisse-t-elle entendre, étaient sans aucune mesure avec les frasques de son rival républicain.

« Ç'a été un double standard tout au long de la campagne, a déploré Mme Marois en entrevue à Radio-Canada. M. Trump faisait des gaffes absolument grossières, a tenu des propos racistes, a attaqué des personnes de façon complètement inacceptable. [...] On a laissé passer ses bêtises, alors qu'Hillary Clinton, elle, n'a jamais eu le même traitement. »

Pauline Marois croit que le fait que Mme Clinton est une femme n'est pas étranger au traitement auquel elle a eu droit. « Moi, je crois que ç'a joué », a confié la première femme à avoir été élue à la tête d'un gouvernement au Québec.

Pauline Marois peine à comprendre que les électeurs américains aient préféré Donald Trump à Hillary Clinton, et ce, en dépit de son inexpérience politique.

« On a mis sur le même pied une femme d'une grande compétence, qui avait des connaissances exceptionnelles, qui avait une expérience la préparant à occuper cette fonction par rapport à un autre qui n'avait rien de cela et qui a eu une campagne assez erratique, on en conviendra. »

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

Celle qui a elle-même subi une défaite amère lors des élections générales de 2014 a salué la « dignité » dont a su faire preuve Hillary Clinton malgré les circonstances. L'ex-chef du Parti québécois a particulièrement apprécié l'appel que la candidate démocrate a lancé aux jeunes femmes qui souhaitent s'impliquer en politique.

« J'ai beaucoup aimé qu'elle dise : " J'ai été votre championne, puis, maintenant, dans le fond, c'est à vous de prendre la relève. " C'était très émouvant de sa part », a confié Mme Marois.

« Elle avait un discours, à mon point de vue, d'une très grande hauteur, un discours très digne d'une femme, évidemment, profondément blessée, atteinte par sa défaite, mais qui a su garder la tête haute et avoir des propos rassembleurs compte tenu des circonstances », a ajouté l'ancienne première ministre.

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