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Hockey mineur : une peine dans la collectivité pour le fraudeur Gilles Boivin

L’ancien trésorier a profité de son poste de bénévole au sein de l’association de hockey mineur pour piger 550 270 $ dans la caisse, entre 2006 et 2012. L’homme de 62 ans a plaidé coupable lundi matin au palais de justice de Québec.

La fraude a été découverte par son successeur, après son départ. Gilles Boivin a tout avoué dès qu'il a été confronté aux nombreuses irrégularités.

Gilles Boivin empochait l'acompte que les parents donnaient pour l'achat de chandail et libellait des chèques à son nom.

« Il faisait les chèques à son nom personnel. Par la suite, il a modifié sa façon de faire pour mettre des fournisseurs légitimes sur les états financiers pour faire en sortir qu'on ne voit pas tout de suite la fraude », explique la procureur de la Couronne, Cathy Fortin.

Le fraudeur a dit avoir utilisé l'argent pour payer ses dépenses personnelles et rembourser ses cartes de crédit.

Entente de remboursement

L'Association de hockey mineur le poursuivait pour 961 919 $, mais une entente pour le remboursement de 452 361 $ a été conclue. À ce jour, Gilles Boivin a remboursé la moitié de sa dette. Il terminera de payer les sommes dues en 2019.

Cette entente de remboursement a été un facteur déterminant dans la peine qui lui a été imposée. La Couronne et la défense avaient suggéré une peine d'emprisonnement dans la communauté pour ne pas freiner le remboursement.

« Monsieur est un actif pour la société, monsieur travaille. Et pour qu'il puisse rembourser la peine, il doit continuer à travailler. C'est des facteurs qu'on prend en considération lorsqu'on parle d'emprisonnement avec sursis », souligne Me Fortin.

Le juge lui a imposé deux ans moins un jour dans la collectivité. Durant cette période, il pourra sortir de chez lui pour travailler ou pour faire les 240 heures de travaux communautaires qui lui sont aussi imposées.

La gestion complètement revue

Les nouveaux gestionnaires de l’Association jugent la peine « pas très sévère » vu les sommes considérables « volées à des familles qui font des sacrifices pour offrir à leurs enfants une activité » , déplore le président Lucien-Pierre Bouchard.

Ce sont d'ailleurs eux qui ont fait les frais des gestes commis par M. Boivin. La fraude a eu des répercussions sur les performances des équipes, observe-t-il. À cette époque, Québec Centre faisait piètre figure au classement des ligues.

« Les enfants se sont vu offrir moins de service, moins de programmes, moins de glace, moins d’entraîneurs, moins de techniciens, moins d’enseignement », explique M. Bouchard.

Depuis la découverte de la fraude, il affirme que la gestion de l’organisation à but sans lucratif a été complètement revue. « À cette époque, les choses ne se faisaient pas dans les règles de l’art, alors déjà faire les choses dans les règles de l’art, ça règle un ensemble de problèmes. »

Par exemple, aujourd’hui, les états financiers sont vérifiés comme il se doit par une firme externe, ce qui n’était pas le cas à l’époque.

« Tout était fait dans le placard par ce monsieur-là qui s’accaparait dans le secret tout ce qui se faisait et le conseil d’administration ne lui osait pas de questions. »

D'après les informations de Yannick Bergeron

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