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Homosexualité : les conséquences des thérapies de conversion

À l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, l'Alliance Arc-en-ciel publie un mémoire sur les pratiques de réorientation sexuelle au Québec et leurs répercussions chez les personnes qui les suivent.

Intitulé Qui veut guérir de l’homosexualité?, le mémoire, qui sera rendu public cet après-midi, dresse le portrait de pratiques de réorientation sexuelle ou thérapies de conversion à travers les témoignages de personnes qui les ont suivies.

Selon l’Alliance, le phénomène des thérapies de réorientation sexuelle est bien présent au Québec. Il est néanmoins difficile d’en déterminer l’ampleur, mentionne le directeur général Louis-Philip Tremblay.

« Il y a quelques groupes qui offrent des thérapies de conversion, des séances qui peuvent ressembler à de la thérapie de groupe ou individuel pour faire changer votre orientation sexuelle [...] Mais il y a beaucoup de ces pratiques qui se font dans les milieux même familiaux ou des milieux religieux conservateurs », explique-t-il.

D’après les témoignages recueillis, ces thérapies peuvent s’apparenter à des exorcismes, mentionne par ailleurs Louis-Philip Tremblay.

« Des choses qu’on va faire subir à la personne, c’est vraiment dans une logique où l’homosexualité est un péché ou est un démon et il faut vraiment le sortir de la personne. »

Imposition de jours de jeûnes, séances de prières ou de cris dans les oreilles feraient partie des méthodes employées, énumère M. Tremblay.

L’organisme remet en question l’efficacité de telles pratiques et estime qu’elles peuvent avoir des conséquences sur la vie des gens qui, selon l'organisme, peuvent subir un retard dans leur développement sexuel et personnel ou vivre avec un sentiment de culpabilité.

Mineurs

L’Alliance se dit par ailleurs préoccupée par le fait que des thérapies aient pu viser des personnes plus vulnérables, notamment des mineures parfois même aussi jeunes que 12 ans.

M. Tremblay souligne que l’Ontario interdit la pratique aux personnes mineures et ces thérapies ne sont pas remboursées par le système de santé.

L’Alliance qui favorise plutôt l’accompagnement des personnes dans un processus d’acceptation énonce plusieurs recommandations afin de responsabiliser les autorités publiques dans ce dossier.

Elle recommande notamment à l’Ordre des psychologues de ne pas reconnaître les pratiques de réorientation sexuelle comme de la psychothérapie et au gouvernement de ne pas financer ces pratiques.

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