Il y a un an, Hubert Lenoir jouait sa musique avec ses amis dans la rue. Mercredi soir à la place D'Youville, c'est devant une marée de spectateurs déjà à ses genoux que le petit gars de Beauport a joué, une nouvelle fois, la carte de l'audace.

Un texte de Charles D'Amboise

Victime de son ascension fulgurante, le « darling » de Québec avait été programmé en première partie de Klô Pelgag. L’artiste friand de liberté avait devant lui un parterre plein à craquer à qui il a livré une prestation bouillante d’énergie et d’interventions qui ne manquaient pas de mordant.

Après avoir doucement amorcé la soirée avec son succès La fille de personne II, le chanteur au look androgyne s’est d’abord adressé aux médias, leur demandant de « laisser avec son identité sexuelle tranquille ».

« C’est pas de vos […] d’affaires. C’est pas des affaires de Radio-Canada, c’est pas des affaires de TVA », a-t-il plaidé.

Puis, bouteille de blanc à la main, Lenoir a invité trois volontaires dégourdis sur scène afin de se trémousser lascivement sur la pièce d’opéra post-moderne Moto, offerte en version allongée.

Entre quelques arrangements effervescents servis par ses sept musiciens de Québec, Lenoir a livré quelques confidences en rétrospective à sa dernière année.

« Pendant un bout, j’avais l’impression que tout le monde m’haïssait. Après, je suis allé ouvrir LA bible et je me suis rendu compte que tout le monde haïssait Jésus, fak dans le fond c’est parfait », a-t-il avancé tout bonnement.

Vêtu d’un manteau de cuir qu’il a retiré après deux morceaux, Hubert Lenoir a galvanisé la foule par tous les moyens, que ce soit en grimpant tel un cascadeur sur l’abribus de place D’Youville pendant Ton hôtel ou encore en s’adonnant à deux séances de body surfing.

Puis, c’est juste avant d’offrir pour une deuxième fois La fille de personne II que l’ambiance a monté d’un cran. « Si vous voulez déclencher une émeute, là c’est le temps », a-t-il lancé fiévreusement.

Aux yeux du directeur de la programmation, Louis Bellavance, la foule présente était l’une « des plus grosses foules vues à place D’Youville ». « C’est du calibre de Michel Louvain l’an dernier. Gardons-nous de parler de consécration pour un artiste de 21 ans. On peut parler d’un triomphe, sans aucun doute. C’est une émergence incroyable que nous réserve Hubert cette année. On veut tous savoir où ça s’en va après. »

Dans l’œil de Luc Plamondon

Au milieu de la prestation, un invité surprise a fait son apparition dans la petite tente réservée aux médias. Nul autre que Luc Plamondon, qui avait reçu un hommage la veille sur la scène des Plaines, était venu voir la jeune sensation en action. Questionné par quelques journalistes, le célèbre parolier a avoué avoir tout de suite « trippé sur lui ».

« J’ai lu une entrevue dans laquelle on lui demandait : "qu’est-ce qui vous avait influencé comme musique". Il avait répondu : "Starmania" ».

« Il arrive et il est déjà une star partout où il va. Il y en a qui mettent 10 ans [pour faire ça]. Là, il est partout et on pourrait se tanner, mais on en veut plus encore », a-t-il avancé, en ajoutant qu’il le verrait bien jouer dans une comédie musicale.

Le célèbre parolier, qui n’avait jamais rencontré Lenoir auparavant, a avoué son intention de le rencontrer. « Si j’ai l’occasion de le voir après, j’irai le saluer », a-t-il déclaré.

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