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« Il était hostile aux non-Blancs », dit un ami de l'auteur présumé de l'attentat de Québec

Alexandre Bissonnette, le jeune homme de 27 ans accusé d'avoir perpétré l'attentat au Centre islamique culturel de Québec, « n'a jamais aimé le cosmopolitisme », selon un de ses bons amis. « Je ne sais pas d'où venait cette hostilité extrême. J'évitais le plus possible le sujet », confie-t-il 48 heures après le drame, encore ébranlé.

Un texte d’Alexandre Duval

Cet ami, qui a requis l’anonymat pour se confier à Radio-Canada, a été profondément choqué par l’attaque commise dimanche. Fréquentant lui aussi l’Université Laval, il s’était lié d’amitié avec Alexandre Bissonnette il y a deux ans et demi.

« Je me sens trahi et humilié. Ce geste était absurde, horrible, inexplicable, catastrophique, destructeur pour ses victimes et [leurs] proches, et tragique. »

Je ne connaissais pas tous les volets de sa personnalité, visiblement.

Un ami d’Alexandre Bissonnette

Cet ami était encore plus proche du frère jumeau d’Alexandre Bissonnette. « Ils m’offraient souvent d’aller prendre un café, faire du plein air et jouer aux échecs. »

Ils ne s’étaient toutefois pas vus en personne sur le campus de l’Université Laval depuis quelques mois. Alexandre avait « perdu foi en ses études », dit son ami. « Il ne voyait plus l’intérêt. Il semblait satisfait de son emploi chez Héma-Québec. »

Par ailleurs, il n’était au courant d’aucun problème personnel qui aurait pu le faire sombrer. Rien ne laissait donc présager qu’Alexandre Bissonnette allait faire les manchettes dans une affaire de terrorisme.

« Aucun signe, aucune planification, aucun appel à la violence, aucune menace physique », précise-t-il.

Opposé au multiculturalisme

Les seules explications possibles, à son avis : « un coup de tête » ou « une révolte contre le système ». « Je ne le voyais pas du tout faire un geste violent. Il était très stable psychologiquement et je ne vois aucun problème personnel qui pouvait déclencher ce geste. »

Le camarade d’Alexandre Bissonnette confirme néanmoins ce qui a déjà été dit au sujet de ce dernier : il avait une opinion défavorable envers les minorités.

Il lui est arrivé d’être choqué par les propos d’Alexandre Bissonnette et d’essayer de le « modérer ». « L’ethnicité était trop importante pour lui. Cela me rendait mal à l’aise. Je lui ai dit qu’il allait trop loin et que je n’étais pas d’accord. Il n’aimait guère les musulmans, en particulier. »

Il était hostile aux non-Blancs et non-chrétiens qui venaient ici, au Québec. Cependant, il n'a pas fait l'apologie, en ma présence, de la supériorité raciale.

Un ami d’Alexandre Bissonnette

Malgré leurs idées divergentes, Alexandre Bissonnette était quelqu’un d’agréable à côtoyer, affirme-t-il. « Je le considérais comme un ami fiable et capable d’être présent et de [me] soutenir en temps difficile. »

Mais comme le reste du monde, son ami ne comprend toujours pas ce qui s’est produit. Il croit que les faits reprochés à Alexandre Bissonnette s’inscrivent dans la mouvance de la montée des formations politiques extrémistes en Occident.

Il souhaite donc lancer le message aux élites politiques traditionnelles de quitter leur « tour d’ivoire » pour mieux sonder les volontés de la population.

Dimanche soir, Alexandre Bissonnette serait entré dans le Centre islamique culturel de Québec avec une arme de poing, peu de temps après la fin de la prière. Six personnes ont trouvé la mort dans cette attaque. Cinq autres ont été gravement blessées.

Le jeune homme de 27 ans fait face à 11 chefs d’accusation, soit 6 pour meurtre prémédité et 5 pour tentative de meurtre.

Avec la collaboration de Sébastien Bovet

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