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« Ils avaient choisi Québec pour concrétiser leurs rêves » - Régis Labeaume

Les messages empreints de solidarité, d'espoir et d'amour ont émané des discours prononcés avec émotion à l'occasion des funérailles célébrées jeudi à Montréal pour trois des six victimes de la tuerie perpétrée à la grande mosquée de Québec.

Devant des milliers de personnes réunies pour rendre un dernier hommage à Abdelkrim Hassane, Khaled Belkacemi et Aboubaker Thabti, plusieurs dignitaires ont pris la parole pour lancer des appels à la paix et à l’unité.

Le maire de Québec a pris la parole, visiblement ému. « Ils étaient des amis, nos voisins, nos frères, leurs enfants côtoyaient les nôtres […] à l’école, au centre sportif, nous fréquentions les mêmes commerces, habitions les mêmes quartiers », a-t-il évoqué.

Ils avaient choisi Québec pour concrétiser leurs rêves, pour s’épanouir et y élever leur famille.

Régis Labeaume

Ces hommes qui s’étaient établis à Québec pour la sécurité de ses rues, sa qualité de vie, l’ouverture de sa population, a-t-il ajouté, n’auraient pu s’imaginer l’impensable, « qu’ils seraient fauchés, victimes de l’ignorance, des préjugés et de la peur alors qu’ils étaient en prière à la mosquée ».

« Selon l’ami de l’une des victimes, à mourir comme ces gens qui ont perdu la vie dans une mosquée, un lieu considéré comme la maison de Dieu, on va directement au ciel. C’est la grâce que nous leur souhaitons et que leur sacrifice soit le ferment d’un nouvel espoir pour nous tous et nous toutes », a conclu le maire.

« Il ne faut pas avoir peur de l'autre »

Le président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Yangui, a pour sa part dénoncé la peur de l’autre à l’origine de l’acte tragique perpétré envers les confrères musulmans.

« Ça démontre une certaine peur envers notre communauté. On vit dans une société de plus en plus multiculturelle et mixte, il ne faut pas s’isoler et s’enfermer sur nous-mêmes comme le fait notre voisin du sud », a-t-il déclaré.

« Il ne faut pas avoir peur de l’autre, car l’autre se trouve à être un voisin, un collègue de travail, et même un beau-frère. Il faut apprendre à vivre ensemble à se respecter les uns les autres malgré nos différences. »

Il a profité de l’occasion pour demander aux gouvernements de lutter davantage contre l’islamophobie, le racisme et les discours haineux.

La cérémonie s’est déroulée selon les rites musulmans, avec les prières funéraires. Les funérailles des trois autres victimes de la tuerie, Mamadou Tanou Barry, Ibrahima Barry et Azzeddine Soufiane, auront lieu vendredi, au Centre des congrès de Québec.

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