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Immobilier : les maisons vendues sous l’évaluation à Québec

Les ventes de maisons unifamiliales se concluent en moyenne sous la valeur de l'évaluation municipale à Québec. Une situation qui ne s'est pas vue dans la capitale depuis au moins 15 ans.

Un texte de Olivier Lemieux

Le marché immobilier poursuit son ralentissement dans la région de la Capitale-Nationale. Selon les statistiques de ventes résidentielles Centris, les maisons se vendent en moyenne 2 % sous l’évaluation municipale depuis le début de l’année.

Du côté des condos, l’écart atteint 6 %.

Autrement dit, le ratio entre le prix de vente et l’évaluation atteint 98 % pour les maisons unifamiliales et 94 % pour les condos.

« On a atteint probablement un plateau au niveau des prix », tempère Paul Cardinal, directeur de l'analyse de marché à la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ).

À Québec, le prix de vente moyen des maisons a glissé sous l’évaluation municipale partout, sauf dans l'arrondissement de La Cité-Limoilou.

Selon Paul Cardinal, cette nouvelle réalité peut surprendre certains propriétaires qui se sont habitués à des prix de vente supérieurs à l’évaluation municipale, mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Paul Cardinal estime que le marché de Québec tend à se « rééquilibrer » après des années de forte progression.

Vendre à perte

N’empêche, les temps sont durs pour ceux qui ont acheté une propriété il y a moins de cinq ans et qui souhaitent la revendre.

Martin Tremblay a emménagé dans un magnifique condo « clé en main » il y a trois ans, sur la rue Arthur-Dion, à Loretteville.

Afin d’attirer les acheteurs, il a affiché sa propriété à 194 000 $, très loin des 221 000 $ inscrits au rôle municipal.

Avec le recul, il reconnaît qu’il avait mal évalué ses besoins au moment d’acheter, lui qui souhaite désormais vivre dans une maison.

« Malheureusement, on ne peut pas changer le passé. On ne pouvait pas deviner non plus dans quelle direction s’en allait le marché », dit-il.

Revoir ses attentes

Pour le courtier immobilier Dominique Laroche, les nouvelles conditions du marché de Québec sont là pour rester et les vendeurs doivent s’ajuster.

Il cite l’exemple d’une maison haut de gamme dans le secteur de Beauport, à vendre depuis un an.

Il vient de convaincre sa propriétaire de retrancher 50 000 $ à son prix afin de passer sous la barre de l’évaluation municipale.

« Pour vendre, ça prend le juste prix, estime Dominique Laroche. Si la maison n’est pas vendue en septembre, ma cliente devra à nouveau revoir ses attentes. »

Le nouveau rôle d’évaluation est entré en vigueur le 1er janvier 2016 à Québec. Il reflète les conditions du marché au 1er juillet 2014.

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