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Inadmissible à l'aide médicale à mourir, elle se laisse mourir de faim

Une femme atteinte de la sclérose en plaques s'est laissée mourir de faim, à la veille de son 70e anniversaire, parce qu'on lui refusait l'aide médicale à mourir. Hélène L. s'est éteinte le 30 juillet après avoir passé 14 jours sans manger ni boire.

Son médecin, le Dr Pierre Viens, veut raconter son histoire dans l'espoir de faire changer la loi québécoise sur l'aide médicale à mourir. Il souhaite faire retirer la condition qui exige qu'un patient soit « en fin de vie » pour y avoir droit.

« La sclérose en plaques a cette caractéristique : elle détruit progressivement, socialement, moralement et psychologiquement la personne, mais elle ne la détruit pas physiquement », explique-t-il.

Hélène L. avait encore quelques années à vivre, mais elle était presque complètement paralysée. Il ne lui restait qu'un usage limité de sa main gauche et elle « refusait l'hypothèse d'avoir à être expédiée en CHSLD pour le reste de ses jours ».

« On dirait que la loi a été faite seulement pour les patients qui souffrent de cancer en phase terminale, déplore le Dr Viens. Quand vous avez un cancer avancé, irrécupérable, ce n'est pas difficile de prévoir la fin de vie. »

C'est par contre un critère beaucoup plus difficile à satisfaire lorsque les patients sont atteints d'une maladie dégénérative. Le Dr Pierre Viens était prêt à offrir l'aide médicale à mourir à sa patiente, mais n'a jamais été en mesure de trouver un médecin pour corroborer sa décision, une étape essentielle en vertu de la loi.

Hélène L. a donc décidé de jeûner pour mettre fin à ses jours, une expérience pénible pour elle et pour ses proches, notamment pour son conjoint.

« Il a été extrêmement respectueux de sa décision et je ne veux pas élaborer sur les souffrances psychologiques qu'il a lui-même dû endurer », confie le Dr Viens.

Droit garanti par la Cour suprême

Hélène L. était même allée jusqu'à embaucher l'avocat Jean-Pierre Ménard dans l'espoir de faire déclarer anticonstitutionnelles les lois québécoise et canadienne sur l'aide médicale à mourir.

Me Ménard est catégorique : sa cliente aurait dû avoir droit à ce service. « Cette femme-là, depuis l'arrêt de la Cour suprême dans l'affaire Carter, avait le droit d'avoir accès à l'aide médicale à mourir, même si sa mort n'était pas imminente, ou même si elle n'était pas raisonnablement prévisible. »

Le dossier a été mis sur pied, mais les procédures de contestation n'ont jamais été lancées. Les démarches auraient pu prendre jusqu'à quatre ans et l'état de santé d'Hélène L. ne lui permettait pas d'attendre aussi longtemps.

« Je trouve ça extrêmement cruel et inhumain que le système impose ça à une personne », dénonce Me Ménard.

Les démarches pour tenter d'élargir l'accès à l'aide médicale à mourir vont se poursuivre malgré la mort d'Hélène L. puisque d'autres patients sont dans une situation semblable et ont sollicité les services de Me Ménard.

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