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Incendie sur la rue des Cyprès : la vie s'arrête pour un couple éprouvé

La vie de Nathalie Chicoine et de son conjoint, Claude Jr Gignac, s'est arrêtée le 6 janvier 2016, lorsqu'ils ont dû sauter du dernier étage de leur immeuble de l'arrondissement de Charlesbourg, à Québec, afin d'échapper aux flammes.

Un texte de Louis Gagné d’après les informations recueillies par Bruno Savard

La femme et l’homme ont subi d’importantes blessures physiques et psychologiques qui les empêchent de reprendre le travail et, surtout, de retrouver une vie normale.

« Nous, on a comme stallé le 6 janvier 2016. Depuis ce temps-là, moi, j’ai l’impression que je suis en dehors de la réalité », raconte Nathalie Chicoine dans une entrevue accordée au Téléjournal Québec.

Choc post-traumatique

La dame, qui a sauté du quatrième étage tout comme son fils de 10 ans et son conjoint, a subi de multiples fractures. Elle souffre également d’un choc post-traumatique chronique et d’une dépression majeure.

« J’ai eu 47 ou 48 fractures en tout. J’ai eu le visage complètement défait. J’ai subi une fracture de la rotule du genou gauche, j’ai eu des fractures aux deux pieds, des minifractures un peu partout dans le pied et dans le genou, où les os se sont tous écaillés », énumère-t-elle.

J’ai passé 14 heures sur la table d’opération, 10 heures pour le visage puis quatre heures pour mon genou. J’ai des plaques un peu partout.

Nathalie Chicoine

« Mon travail, c’est fini »

La mère de famille a dû se résigner à quitter son travail d’infirmière auxiliaire dans un centre d’hébergement et de soins de longue durée, un deuil difficile à faire.

« Le verdict est tombé : mon travail, c’est fini. À part pour mes enfants et pour Claude, c’est aussi pour ça que je me battais, pour retourner à mon travail et à mes patients. Il va falloir que je me réoriente, probablement. »

Le conjoint de Mme Chicoine a également subi des blessures multiples, notamment au dos et aux talons. Claude Jr Gignac, qui s’apprêtait à lancer sa propre entreprise de débosselage et de peinture, n’a pas été en mesure de reprendre le travail. Il souffre également d’une peur pathologique du feu depuis les événements.

Si le principal intéressé n’est pas capable de faire la job, ça ne va pas bien […] Moi, j’ai zéro, zéro, zéro revenu depuis l’accident.

Claude Jr Gignac

« Je ne suis plus bien à Québec »

Privé de revenus, le couple a dû quitter son logement de la rue des Cyprès. Il vit actuellement dans une maison grâce à la générosité d’un ami. Au-delà des problèmes financiers, Nathalie Chicoine n’aurait de toute façon pas été capable de retourner dans son logement ni de rester dans la ville de Québec.

« Je ne suis plus bien à Québec. J’ai assez de voir mes cicatrices, j’ai assez de me voir marcher, j’ai assez d’endurer les douleurs que j’endure tous les jours. Tout ça qui me rappelle déjà tout l’événement », dit-elle.

C’est définitif que je ne retournerai jamais dans un bloc puis je ne reviendrai même pas à Québec.

Nathalie Chicoine

De mal en pis

Les deux conjoints ont beau chercher, ils n’arrivent pas à trouver des éléments de leur vie qui se sont améliorés au cours de la dernière année, ni à envisager des jours meilleurs.

« J’ai beau regarder partout dans l’année, ça va de pire en pire à tous les niveaux, confie Nathalie Chicoine. Donc pour l’avenir, on ne voit pas grand-chose de bon. »

Claude Jr Gignac abonde dans le même sens : « Le temps passe, puis le moral, il drop de plus en plus, tout le temps… »

Bris mécanique

Le 6 janvier 2016, Claude Jr Gignac, Nathalie Chicoine et le fils de cette dernière avaient sauté du dernier étage de leur immeuble en flammes après qu’un bris mécanique eut empêché le déploiement de la grande échelle du premier camion de pompier arrivé sur les lieux. Contrairement à sa mère et à son conjoint, le garçon s’en était tiré sans blessures graves.

Une enquête du Commissariat aux incendies de Québec avait conclu que le travail des pompiers n’était pas en cause. Le chef investigateur, Jean-Pierre Boilard, jugeait que les trois locataires avaient sauté prématurément du balcon de leur appartement, alors qu’ils n’étaient pas en danger immédiat, selon lui.

Son rapport mentionnait que ce sont des témoins de l’incendie qui auraient incité le couple et l’enfant à sauter. L’enquête confirmait que la grande échelle du camion avait été l'objet d'un bris. Elle précisait toutefois que les pompiers avaient agi rapidement pour trouver une solution de rechange.

L’avocate de la famille avait contredit les conclusions de l’enquête. Selon, Dominique Bertrand, c’est un pompier et non des voisins qui ont demandé aux trois locataires de sauter.

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