Retour

Inspections obligatoires réclamées sur les véhicules de déneigement

Un déneigeur de Québec réclame des inspections annuelles obligatoires sur tous les véhicules de déneigement.

Un texte de Jean-François Nadeau

Les propriétaires de souffleuses à neige, tracteurs et chargeuses-pelleteuses n'ont actuellement pas à faire inspecter leur véhicule.

Plusieurs véhicules qui servent au déneigement dans la région de Québec sont pourtant en mauvaises conditions, affirme le président de l'entreprise de déneigement Groupe Essa, Simon Jourdain.

« Ces véhicules-là devraient être inspectés, dit-il. C'est de la grosse machinerie lourde. Je suis pas mal certain qu'il y a beaucoup de véhicules qui seraient retirés de la voie publique suite à ces inspections-là ».

Accident mortel

Une chargeuse-pelleteuse du Groupe Essa a été impliquée dans un accident mortel, au début du mois de décembre à Charlesbourg.

Le véhicule était en bonne condition et ne présentait pas de problème mécanique. L'accident incite tout de même Simon Jourdain à réclamer des normes plus strictes.

« Une chargeuse-pelleteuse peut peser jusqu'à 40 000 livres, explique-t-il. Imaginez-vous un problème de freins ou un problème de transmission. Les chargeuses-pelleteuses sont hydrostatiques. S'il fallait que l'hydrostatique manque, tu n'es pas capable de t'arrêter. Il n'y a aucun frein auxiliaire. »

La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) mentionne que les règles québécoises concernant les véhicules de déneigement sont les mêmes que partout ailleurs au pays. Les inspections annuelles ne sont pas nécessaires, selon la société d'État.

« Ces véhicules-là se retrouvent moins souvent généralement sur le réseau routier, explique le porte-parole de la SAAQ, Mario Vaillancourt. Souvent, aussi, ils ne font pas un grand kilométrage. L'entretien doit se faire selon les normes du fabricant. Si des contrôleurs routiers ou des policiers constatent qu'un véhicule est en mauvais état, il peut obliger une inspection. »

Désaccords

Cette explication ne convainc pas Simon Jourdain.

« Mes véhicules sont toujours dans le chemin, rétorque-t-il. Ils font autant de kilométrage dans une année qu'un véhicule de promenade. On se déplace de site en site et souvent, dans des endroits comme des stationnements de centres commerciaux, où il y a beaucoup de monde. Il faut juste un véhicule qui manque de freins pour qu'un drame se produise. »

D'autres dirigeants d'entreprises de déneigement contactés par téléphone se disent contre l'idée de devoir faire inspecter obligatoirement leurs véhicules chaque année. Ils soutiennent que les véhicules roulent à basse vitesse et que la compétition est forte dans l'industrie.

Selon eux, les marges de profits sont minces et les inspections pourraient nuire à la santé financière de certaines entreprises.

Plus d'articles