Le quartier Montmorency à Québec va changer de visage. Cet été, dix jeunes de 15 à 30 ans embellissent le secteur en réalisant des murales sur les piliers sous l'autoroute Félix-Leclerc.

Un texte de Pascale Lacombe

Les participants qui ont été sélectionnés par le Centre jeunesse-emploi Montmorency étaient sans emploi et n'allaient pas à l'école. L'objectif du programme Viaduc des arts est de les accompagner vers le marché du travail un coup de pinceau à la fois.

« Ça m’a permis de me remettre sur pied, d’aller mieux, de prendre ma vie en main et d’avoir un but », lance Elodie Quirion, qui vient de passer à travers trois ans de dépression. Elle sent qu’elle a enfin trouvé un projet auquel s'accrocher pour éventuellement concrétiser son objectif de travailler dans le monde de la pâtisserie et des confiseries.

La population consultée

Au début de l’été, les participants ont élaboré leurs croquis après avoir consulté la population pour déterminer les thèmes de leurs œuvres.

Sur les quatre piliers, on retrouvera entre autres des poissons et des plantes marines pour représenter le fleuve, l’Église St-Grégoire-de-Montmorency, la chute Montmorency et deux portraits de l’ex-joueur des Canadiens Gilles Tremblay, qui demeurait à cet endroit avant la construction de l’autoroute Félix-Leclerc.

Selon l’intervenante et chargée de projet, Caroline Dancause, la majorité de ces jeunes ont été intimidés et marginalisés. Ce programme leur permet de reprendre confiance en eux et de développer des habiletés pour intégrer le marché du travail.

« Ce qui ressort, c’est ‘’enfin j'ai un groupe où j'ai ma place, je ne me sens pas jugé où je sens que je peux être moi-même’’. Ça leur permet de progresser beaucoup au niveau de l'employabilité et leurs aptitudes », constate-t-elle.

Parallèlement à la peinture, l’intervenante aide les jeunes à se tourner vers des spécialistes s’ils ont des problèmes psychosociaux et les guide dans le paiement de factures ou l’achat d’un réfrigérateur, par exemple.

« On regarde ensemble ce qui peut faire diminuer le stress de ces jeunes-là, on regarde ce qui peut les rendre plus disponibles à se rendre sur le marché du travail », explique Mme Dancause.

Stage de six mois

À l’automne, le programme se poursuivra en entreprise, où les jeunes effectueront un stage de six mois. La moitié de leur salaire sera financée par un programme fédéral.

« Il y en a qui aimeraient entrer dans une boutique de skate, aller en horticulture, travailler dans une boutique de matériel d’art ou dans des galeries », raconte l’intervenante.

Par la suite, les jeunes recevront un diplôme de formation en métier semi-spécialisé.

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