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Intrusions à l'Université Laval : 11 plaintes dont 4 agressions à caractère sexuel

La police de Québec enquête sur un total de onze intrusions commises dans des chambres des résidences de l'Université Laval. Quatre d'entre elles sont liées à des gestes à caractère sexuel sur des étudiantes.

Les policiers sont à la recherche d'au moins un suspect dans la vingtaine. Les gestes auraient été commis dans la nuit de vendredi à samedi, entre 3 h et 6 h au pavillon Alphonse-Marie-Parent.

« Ça varie de l'attouchement à l'agression, mais on est encore en train de valider des choses », précise Pierre Poirier du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

Les images des caméras de surveillance seront étudiées par les enquêteurs.

La police ajoute avoir déjà rencontré les victimes. Le SPVQ doit maintenant corroborer les différents témoignages. « Certaines n'ont même pas vu la personne en raison de la noirceur. Il faut prendre le temps de colliger les informations », précise le porte-parole.

La direction de l'Université Laval a condamné les gestes dans un communiqué. Elle affirme avoir pris en charge les victimes en leur offrant un soutien psychologique.

L'Université a envoyé un courriel à l'ensemble des résidents samedi, en leur demandant de faire preuve de vigilance en verrouillant leurs portes de chambre. Des agents de sécurité seront postés aux portes des résidences en tout temps jusqu'à nouvel ordre.

« En temps normal, il n'y a pas d'agent aux portes. Mais compte tenu du contexte, des agents sont postés aux entrées des résidences 24 h sur 24. S'il y a des améliorations à apporter, on va les apporter. On suit la situation d'heure en heure », a affirmé Andrée-Anne Stewart, porte-parole de l'établissement.

Les portes d'accès au pavillon Alphonse-Marie-Parent sont toujours verrouillées la nuit entre 23 h et 6 h. Les résidents peuvent entrer à l'aide d'une clé.

Questionné sur les événements de l'Université Laval, le premier ministre Phillippe Couillard s'est dit « très préoccupé » par la situation.

« C'est terrible que les étudiantes ne se sentent pas en sécurité à leur résidence. Ce n'est pas acceptable dans une société comme la nôtre. Le premier ministre croit que la responsabilité d'assurer la sécurité des étudiants, et des femmes particulièrement, revient aux recteurs des universités. Le « gouvernement sera à l'écoute » si des pistes de solution sont proposées, promet Philippe Couillard.

La ministre de l'Éducation supérieure, Hélène David, a lancé un appel à la vigilance. « C'est tolérance zéro, a-t-elle déclaré. On va prendre toutes les mesures additionnelles pour qu'une situation comme celle-là ne se produise plus. »

Des étudiantes interrogées lundi se disaient inquiètes quant à la sécurité de leur résidence.

Stella Dakpo, une résidente du 10e étage du pavillon Alphonse-Marie-Parent, exige un changement du système d'accès aux chambres du bâtiment. « Je suis en panique. Moi, je suis une fille, je ne suis pas un garçon », souligne-t-elle.

Lundi, un message était affiché sur une porte à l'entrée des résidences à l'intention des victimes. « Nous sommes avec vous. Vous n'êtes pas seules », pouvait-on y lire.

Quelque 2300 étudiants habitent les résidences de l'Université Laval.

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