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« Je suis toujours membre du caucus conservateur », dit Maxime Bernier après son expulsion du cabinet fantôme

Au lendemain de son exclusion du cabinet fantôme de l'opposition officielle à Ottawa, le député Maxime Bernier n'a pas voulu commenter la décision de son chef, mais a affirmé qu'il était toujours membre du caucus conservateur.

Aperçu en train de marcher à l’extérieur du parlement mercredi, Maxime Bernier a été intercepté par une journaliste de CBC qui lui a demandé ce qu’il avait dit à ses collègues à la suite de son expulsion.

Maxime Bernier a répondu que les discussions au sein du caucus étaient « privées ».

« Je ne suis plus dans le cabinet fantôme. C’est tout. Mais je suis un membre du Parti conservateur du Canada », a-t-il ajouté avant de s’éloigner rapidement.

Dans un communiqué paru mardi soir, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a annoncé le retrait immédiat du député québécois du cabinet fantôme, sans toutefois préciser la raison de sa décision.

Mercredi, M. Scheer était tout aussi avare de commentaires lorsqu’interrogé sur le sujet avant la période des questions.

Maxime Bernier détenait les portefeuilles de l'innovation et du développement économique. C'est le porte-parole en matière de sciences, Matt Jeneroux, qui hérite de ces responsabilités supplémentaires de façon intérimaire.

Les députés conservateurs appuient la décision

Andrew Scheer a l’appui de ses députés, qui respectent sa décision d’expulser Maxime Bernier du cabinet fantôme.

Selon une source au sein du Parti conservateur, la décision de le dépouiller de ses fonctions est liée à la publication sur Internet d'un extrait du livre de Maxime Bernier, dans lequel il réitère sa position sur la nécessité d'abolir la gestion de l'offre pour les produits laitiers, les œufs et la volaille.

Il y affirme aussi qu'il s'était fait ravir la direction de son parti parce qu'Andrew Scheer avait recruté de « faux conservateurs ».

M. Bernier avait assuré à ses collègues qu'il ne publierait pas son livre, compte tenu de la controverse que cela avait suscité au sein du caucus. Il a tout de même choisi de publier le chapitre en question sur son site web.

Lors de la période des questions, mardi, plusieurs ministres libéraux ont d’ailleurs attaqué le Parti conservateur sur la gestion de l'offre en notant les prises de position de Maxime Bernier.

Promesse rompue et désobéissance

Selon son collègue Erin O'Toole, le député de Beauce a rompu une promesse qu'il avait faite au caucus et ne s'est pas comporté en joueur d'équipe, ce qui n'est pas souhaitable alors que le parti prépare le terrain en prévision des prochaines élections générales, en 2019.

Le lieutenant politique du Parti conservateur au Québec, Alain Rayes, s'est rangé derrière la décision de son chef. Il a réfuté l'argument que les voix dissidentes ne sont pas tolérées au sein du cabinet fantôme.

De son côté, le député Tony Clement a savonné les journalistes qui, selon lui, avaient un trop grand intérêt pour cette affaire.

« J'en ai parlé à Maxime Bernier, il comprend la décision. Je sais que vous êtes tous excités par ça », a-t-il lancé.

Toujours selon M. Clement, Andrew Scheer a pris une « difficile, mais nécessaire, décision », car Maxime Bernier « a désobéi au caucus ».

Une source conservatrice a concédé mardi que les tensions commerciales actuelles entre le Canada et les États-Unis n'étaient pas étrangères à la décision de sanctionner Maxime Bernier. En parlant contre la gestion de l'offre, il se rangeait ainsi dans le camp du président américain Donald Trump.

« Le "timing" a une importance. [...] L'importance d'être un front uni est là. On ne veut pas mettre d'huile sur le feu », a indiqué cette source à La Presse canadienne.

Maxime Bernier avait fait campagne à la chefferie en promettant de mettre fin au système de gestion de l'offre. Il a été battu en mai 2017 au 13e et ultime tour de scrutin, alors qu'il avait mené dans les 12 précédents. Andrew Scheer l'a emporté in extremis, avec un score de 50,95 %.

Le chapitre sur la gestion de l'offre qui lui a coûté son poste au cabinet fantôme était toujours disponible sur son site Internet, mercredi midi.

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