Retour

Jean-François Lisée propose un programe qu'il veut plus rassembleur

Le Parti québécois a dévoilé samedi sa nouvelle proposition, portant par exemple sur la langue française, en vue de l'adoption d'un programme pour les élections en 2018 devant les militants, députés et présidents d'association réunis au conseil national à Québec.

Dans un discours, le chef du parti, Jean-François Lisée, a tenté de se faire plus rassembleur et a demandé aux Québécois de redécouvrir le Parti québécois.

Ces dernières années, plusieurs se sont détournés de nous. […] Sachez que le parti rassembleur qui peut demain chasser les libéraux comme il l’a fait plusieurs fois dans le passé, il est ici au Parti québécois. Redécouvrez-nous.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

La nouvelle offre de Jean-François Lisée est fidèle aux propositions initiales évoquées pendant la campagne à la direction du Parti québécois. Il proposait notamment de repousser à un deuxième mandat la tenue d’un référendum sur la souveraineté du Québec.

Certaines mesures retenues lors du dernier congrès en matière de protection de la langue française pourraient également être écartées au profit de la francisation des entreprises de 25 à 49 employés.

Un gouvernement péquiste verrait aussi à appliquer la loi 101 aux entreprises de juridiction fédérale.

Le secteur de l'éducation ne serait pas épargné : les étudiants de cégep anglophones devraient subir un examen de français pour obtenir leur diplôme. L'imposition du cégep en français pour tous serait toutefois mise de côté.

Le chef péquiste s'est aussi engagé à faire en sorte de conserver une majorité de francophones sur l'île de Montréal, par diverses mesures de rétention. Il a soulever des inquiétudes quant au nombre de Montréalais parlant français à la maison, déclarant qu'ils seront bientôt minoritaires.

La ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, s'indigne toutefois à ce commentaire. « D’insister sur la langue parlée à la maison, ça fait suer vraiment des milliers d’immigrants ou des personnes de deuxième génération qui ont préservé une [autre] langue maternelle à la maison [...] mais qui parlent le français couramment et surtout, qui parlent le français dans leur vie publique. »

Là on voit que c’est vraiment une promesse vide [de dire que le PQ a la main tendue vers la diversité] parce que ce n’est pas vraiment comprendre ce que la diversité apporte.

Kathleen Weil, ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion

Une approche « pragmatique »

En matière linguistique, le leader parlementaire et député de Matane, Pascal Bérubé, qualifie de « pragmatique » l’approche de Jean-François Lisée.

« [Avec Jean-François Lisée] on n’est jamais allé aussi loin. On n’a pas une approche idéologique. On a une approche pragmatique », assure-t-il.

Une opinion que semble partager le président du Parti québécois, Raymond Archambault, qui soutient que la proposition avancée cette année en matière linguistique par le nouveau chef va bien au-delà de ce qui a été fait dans le passé.

C’est une proposition qui est beaucoup plus complexe, beaucoup plus détaillée, beaucoup plus complète pour parvenir à davantage de francisation au Québec surtout dans le domaine du travail et de l’éducation.

Raymond Archambault, président du Parti québécois

Les propositions suggérées sont toutefois trop timides pour certains. Des militants de longue date plus pointilleux sur la place du français au Québec, comme Marc Laviolette, un ancien partisan du SPQ-Libre, songeaient déjà à suggérer des amendements. « On ne va pas assez loin », a-t-il déploré, lors d'un échange avec les journalistes.

Reconnaissance internationale et laïcité et famille

Une priorité du gouvernement Lisée dès 2018 serait le rayonnement du Québec à l'étranger. L'ancien ministre des Relations internationales propose de changer l'appellation du ministère des Relations internationales, qui deviendrait le ministère des Affaires étrangères, à l'image du gouvernement fédéral. Québec verrait à appliquer « pleinement » la doctrine Gérin-Lajoie et à assurer à l'étranger une « présence autonome » du Québec dans ses champs de compétence.

La proposition prévoit aussi le processus d'accession à l'indépendance du Québec et de reconnaissance internationale, après un référendum gagnant, lors d'un second mandat. Le Québec souverain aurait également son ministère de la Défense et son armée.

Sur la question de la laïcité, la proposition reprend l'idée de M. Lisée de promouvoir le « devoir de réserve » des employés de l'État quant au port de signes religieux. Ils seraient toutefois interdits pour ceux ayant un pouvoir de contrainte, comme les policiers et les juges. Les services de l'État devraient être donnés et reçus à visage découvert.

Le PQ dirigé par Lisée cherchera par ailleurs à se rapprocher des jeunes familles. Il offrirait des congés de paternité allongés, passant de cinq à huit semaines, de meilleures prestations de maternité, plus de maisons de naissance, des mesures de conciliation travail-famille et, surtout, un retour au tarif unique dans les CPE – dont le montant n'est cependant pas indiqué. On promet aussi de garantir une place en garderie à chaque enfant, mais encore là on ne fixe aucun objectif chiffré ni échéancier.

Le coût de toutes ces mesures n'est pas davantage indiqué.

La suite après ce congrès

Le congrès devrait par la suite permettre au Parti québécois de s’entendre sur une proposition claire dans différents domaines pour le congrès prévu en septembre.

Les membres auront alors la possibilité d'analyser et d'amender la proposition présentée dans le document, qui inclut plus de mille engagements électoraux sur une grande diversité de sujets.

La proposition principale doit ensuite être entérinée en septembre, avant de devenir la base du programme du parti. C'est à ce moment que le nouveau chef fera face à son premier vote de confiance.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine