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Jean-Paul Riopelle, un géant de l’art abstrait

Le musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) présente, à partir de cette semaine, Mitchell/Riopelle - Un couple dans la démesure. L'exposition réunit les tableaux de Jean-Paul Riopelle et Joan Mitchell, deux figures majeures de la peinture abstraite qui ont aussi formé un couple. Voici quelques moments du parcours de l'un des artistes canadiens les plus réputés du 20e siècle : Jean-Paul Riopelle.

Né à Montréal en 1923, Jean-Paul Riopelle développe très tôt un attachement à la nature. Il commence à peindre à l’adolescence. De sa rencontre avec Paul-Émile Borduas, enseignant à l’École du meuble dans les années 1940, naît une œuvre explosive. En 1948, il signe le manifeste Refus global conjointement avec d’autres artistes automatistes. Marcel Barbeau, Pierre Gauvreau, Fernand Leduc et Marcelle Ferron font partie des signataires.

La vie à Paris

Pour fuir le conservatisme de la société québécoise, il s’installe à Paris en 1949 où il côtoie les surréalistes d’André Breton. C’est là-bas qu’il fait la connaissance de Joan Mitchell en 1955, une peintre américaine qui mène alors une carrière en pleine ascension à New York. S’en suit une relation tumultueuse qui durera près de 25 ans.

À Paris, le journaliste Fernand Séguin rencontre Jean-Paul Riopelle pour l’émission Le sel de la semaine diffusée le 28 octobre 1968. L’artiste, âgé de 45 ans, profite d’une renommée internationale sur la scène artistique contemporaine. Dans cet extrait d’entrevue, il revient sur les premières années de sa vie parisienne. Questionné sur sa situation financière précaire de l’époque, Jean-Paul Riopelle affirme que « la joie d’être libre compensait ».

Le retour au Québec

Après avoir passé presque la moitié de sa vie en France, Jean-Paul Riopelle revient définitivement au Québec dans les années 1990. Il s’installe à L’Isle-aux-Grues où il vit en solitaire au milieu des oies blanches. Il y peint la nature sauvage. En 1991, à l’occasion d’une rétrospective sur son œuvre présentée au Musée des beaux-arts de Montréal, le journaliste Claude Deschênes part à sa rencontre. Loin de la ville, l’artiste se confie. Dans cet extrait du Montréal ce soir, diffusé le 19 novembre 1991, Jean-Paul Riopelle parle de sa vie d’ermite.

En apprenant le décès de son ancienne compagne Joan Mitchell, en 1992, il peint en quelques jours Hommage à Rosa Luxembourg, une fresque monumentale. Cet hommage demeure son œuvre la plus célèbre.

Il s’éteint le 12 mars 2002, à l’âge de 78 ans, dans sa maison de L’Isle-aux-Grues.

Un artiste influent

Jean-Paul Riopelle a influencé plusieurs générations de créateurs. À l’annonce de son décès, le jeune peintre Marc Séguin réalise un portrait de son idole. C’est ce qu’il raconte à Claude Deschênes, dans cet extrait du Téléjournal du 13 mars 2002.

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