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Joindre la scolarité et le hockey selon Joé Juneau

Les Journées de la persévérance scolaire battent leur plein depuis lundi. Le porte-parole de l'événement qui se tient jusqu'à vendredi, Joé Juneau, croit dur comme fer aux bénéfices du sport dans les milieux académiques.

L'ancien membre du Canadien de Montréal, retraité depuis 2004, concentre désormais ses efforts sur l'implantation de programmes hockey-études. Son implication est motivée par les changements qu'il a perçus chez ceux qui adhèrent à ses projets.

Son raisonnement est similaire lorsqu'il est question des Journées de la persévérance scolaire.

« Ça n'a pas été long de dire oui, parce que le hockey a tellement été important pour moi. Ç'a été un élément motivateur. [...] J'ai senti que le hockey pouvait m'être utile pour réussir à l'école. Et puis ç'a vraiment été le cas, a expliqué Juneau.

« L'an dernier, quand on m'a contacté pour m'impliquer dans cette campagne, j'ai dit “oui” tout de suite. Depuis 11 ans, je me sers du hockey auprès des jeunes. Je ne fais pas juste enseigner sur la patinoire à mieux patiner, lancer et manier la rondelle. Je me sers du hockey pour aider à développer de bons êtres humains et leur leadership positif. »

Deux programmes hockey-études ont vu le jour sous la tutelle de l'homme de 49 ans. Le premier à Nunavik, dans le Nord-du-Québec, en 2007, et le second dans sa ville natale de Pont-Rouge, dans la Capitale-Nationale, en 2015.

Un projet pilote qui fait ses preuves

Déjà, un bilan positif est noté chez les jeunes de l'école primaire Perce-Neige.

« Les résultats sont incroyables. On a des rétroactions qui proviennent des enseignants, des professeurs en éducation physique, des personnes responsables sur la patinoire et des parents. Sur le terrain, on le voit aussi [que c'est favorable à la réussite scolaire] », a-t-il confirmé.

Plusieurs exemples concrets témoignent des changements qui résultent de l'instauration d'une structure hockey-études. Dans certains cas, c'est ni plus ni moins un redressement de situation auquel Juneau a assisté.

« L'année dernière, dans une classe de première année, il y avait une cohorte difficile. On en entendait parler et on s'attendait à avoir un groupe dur. On est passé à la deuxième saison du programme et, effectivement, en début d'année, ce n'était pas facile. On a eu une titulaire qui était carrément en larmes, incapable de contrôler deux des jeunes, mais surtout un, a signalé Juneau.

« Nous, du côté du hockey, on s'est dit qu'il fallait être patients et laisser le jeune entrer là-dedans. On a travaillé avec le jeune et on a adapté un peu [notre encadrement]. Au lieu d'y aller de façon hebdomadaire, on y est allé de manière journalière pour que le jeune n'oublie pas l'approche », a-t-il renchéri.

De fil en aiguille, l'élève en question a modifié sa manière de négocier avec l'autorité.

« Le jeune a complètement changé. Bon, c'est sûr qu'il y a parfois des rechutes. Ça peut arriver qu'une semaine le jeune va régresser parce qu'il se passe quelque chose dans sa vie, ou peu importe, mais c'est quand même incroyable de voir à quel point un programme comme ça peut avoir un impact au niveau de son comportement. »

Juneau assure qu'il est important, voire nécessaire, d'introduire ce type de programme dès l'école primaire, quitte à ébranler les structures déjà en place.

« Je sais que ça dérange plusieurs personnes, mais les résultats sont formidables », indique Juneau, ajoutant du même souffle qu'il faut reconnaître que des besoins de changement sont nécessaires dans le système scolaire québécois.

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