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Kalenga Muganda : la star du football scolaire québécois

À moins d'une surprise, Kalenga Muganda remportera pour une troisième fois d'affilée le titre de joueur par excellence de la ligue juvénile D1 de football scolaire du Québec. À 17 ans, le demi offensif du Blizzard du Séminaire Saint-François est de loin le meilleur joueur de son âge au Québec. Il est sans doute le meilleur à évoluer dans les rangs scolaires depuis des années, selon plusieurs.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Intense, agile, rapide. Ceux qui observent Kalenga Muganda se faufiler et déborder les défensives adverses avec une aisance déconcertante depuis trois saisons peuvent témoigner des habiletés hors normes du jeune footballeur issu d'une famille congolaise.

Ceux qui n'ont pas eu la chance de le voir courir sur le terrain n'ont qu'à consulter ses statistiques pour comprendre à quel point il est doué.

La saison régulière vient tout juste de prendre fin. En neuf rencontres, Kalenga Muganda a marqué 29 touchés et amassé 1869 verges de gain au sol en 156 portées. Faites le calcul: il gagne en moyenne 12 verges par course et plus de 200 verges par match.

Ces chiffres ne laissent personne indifférent, sauf peut-être Kalenga lui-même. « Les statistiques, je m'en balance un peu! », lance le principal intéressé, gêné de commenter ses performances de la dernière saison.

Le jeune homme dit ne jamais regarder la feuille de match au terme d'une rencontre. Pour lui, la satisfaction personnelle ne se chiffre pas en verges franchies ou en touchés marqués.

Un joueur d'exception

Son entraîneur Luc Savoie n'est pas surpris de l'entendre parler de ses réalisations avec une telle humilité.

« Ça fait partie de sa personnalité, raconte Luc Savoie. Pour vous donner une idée, les jeunes joueurs de foot de l'école le regardent marcher dans le corridor comme s'il était un dieu. Kalenga est encore un peu naïf. Il réalise à peine l'impact qu'il a chez ces jeunes-là ».

Contrairement à son joueur étoile, Luc Savoie ne tarit pas d'éloges quand vient le temps de mettre en lumière l'étendue du talent du numéro 27 du Blizzard.

Lorsqu'on lui demande si Kalenga est le joueur le plus dominant qu'il a dirigé au cours de ses quelque 30 années comme entraîneur de football, il répond par l'affirmative sans hésitation.

« Les mouvements latéraux qu'il peut faire, ces choses-là ne s'enseignent pas. Même dans les rangs universitaires, c'est très difficile à enseigner. Chez lui, c'est inné. Il a ça en dedans de lui. Un contre un, tu n’as aucune chance de le "pogner". C'est sûr que tu passes tout droit. »

Un match exceptionnel

Pour épargner son meilleur joueur à l'attaque, et peut-être aussi par souci de ne pas humilier les équipes adverses —le Blizzard n'a pas subi la défaite depuis la finale du Bol d'Or 2015 et marque en moyenne plus de 45 points par matchs—Luc Savoie et ses adjoints ont décidé de ne donner le ballon à Kalenga que 10 à 15 fois par match cette saison.

Mais à l'approche des matchs éliminatoires, les entraîneurs lui ont donné le feu vert: on lui a remis le ballon à 30 reprises le week-end dernier.

Dans une victoire de 60-29, Kalenga a marqué cinq touchés pour des gains inimaginables...de 457 verges. Ce genre de statistiques rendrait fou de joie, n'importe quel quart-arrière.

Kalenga Muganda marque cinq touchés dans un match.

« En fin de semaine, c'est une des plus belles performances que j'ai vues dans ma vie, dit Luc Savoie. 400 verges de gain pour un porteur de ballon, c'est énorme. Il a couru avec détermination. C'était impressionnant à voir! »

La suite se fera aux USA

Kalenga Muganda garde le cap sur les matchs éliminatoires. Le Blizzard tentera de remporter un deuxième Bol d'Or d'affilé au football juvénile, division 1. Le demi-offensif disputera sera sans doute ses derniers matchs sur les terrains de football québécois.

Muganda a déjà en tête de poursuivre sa carrière aux États-Unis. Il rêve de porter un jour les couleurs d'une équipe de la NFL. Mais, d'abord, il devra disputer une saison ou deux dans le réseau scolaire américain, pour ensuite espérer décrocher un poste au sein d'une équipe de la NCAA, le circuit universitaire américain.

Luc Savoie estime que Kalenga a toutes les qualités requises pour faire son chemin de l'autre côté de la frontière. Sa vitesse brute est le seul point qu'il doit améliorer pour accroître ses chances d'attirer l'oeil d'une grande université américaine.

« Les universités américaines mettent beaucoup d'importance sur le test de vitesse sur 40 verges. Il doit descendre son temps dans les environs de 4,55 s (il court 4,70 s ) et après ça, je pense que tout est possible pour lui. Mais, ça je pense qu'il est capable de le faire. Il s'est déjà beaucoup amélioré par rapport à l'an passé. »

Pour Kalenga, les prochains mois seront déterminants dans la poursuite de son rêve. « Je pense que c'est la plus grosse étape de ma vie jusqu'à maintenant. L'entraînement durant la saison morte, les examens pour réussir mon entrée aux États-Unis, tout ça sera très important », conclut-il.

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