Karen Paquin n'est pas du genre à demeurer en place bien longtemps. À peine 12 heures après avoir déposé ses valises à son retour d'Irlande, où elle a pris part à la Coupe du monde de rugby à 15 joueuses, la jeune femme avait déjà repris la route. Cette fois-ci, direction Calgary.

Un texte de Jean-Philippe Martin

L'athlète, qui vient tout juste de fêter ses 30 ans, délaisse le gazon et renoue avec la glace. Elle passera le prochain mois en Alberta dans le but de poursuivre son apprentissage... du bobsleigh.

Pas le temps pour du repos, ni même pour soigner la blessure au genou droit qu'elle s'est infligée lors du deuxième match de la phase préliminaire de la Coupe du monde.

« Les chances sont très minces, mais si jamais [les essais de bobsleigh] peuvent donner quelque chose en vue de la saison qui arrive, on va se donner l'opportunité que ça puisse peut-être marcher. Et pour ça, ça voulait dire de revenir de la Coupe du monde et d'embarquer dans l'auto et d'y aller tout de suite! », explique-t-elle.

Sport de précision

Rapide et explosive, Paquin croit avoir les habiletés pour faire sa marque en bobsleigh. Elle a adoré son expérience lors de ses premiers essais avec l'équipe nationale, l'automne dernier.

Karen parle d'un sport où chaque petit mouvement doit être exécuté à la perfection et, surtout, du plaisir qu'elle a eu dans ce qu'elle appelle « la grande glissade ».

Elle souhaite profiter de ce deuxième camp au centre national d'entraînement pour voir jusqu'où cette aventure peut la mener.

« Je garde mes portes ouvertes. Je ne veux pas me mettre de la pression en me disant qu'il faut que je réussisse à atteindre le circuit mondial dès cette année. Pour l'instant, je veux seulement m'assurer d'avoir du plaisir là-dedans. Et ça me donne une pause du rugby en même temps. »

Décevante 5e place

Karen Paquin ne cache pas sa déception d'avoir été exclue du podium à la Coupe du monde de rugby à 15 joueuses qui s'est conclue dimanche à Belfast. Finaliste en 2014, le Canada a dû se contenter de la 5e position.

« On a connu des débuts imparfaits, je dirais. Notre agressivité n'était pas là, on était trop prévisible en attaque. C'est plate à dire, mais il a fallu qu'on perde un match [contre la Nouvelle-Zélande] pour se décider à jouer librement, sans risque. »

Déjà éliminées de la ronde des médailles, les Canadiennes ont par la suite retrouvé leur aplomb. Elles ont signé des victoires de 52-0 contre le Pays de Galles et de 43-12 contre l'Australie, dans le match pour la 5e position. Karen Paquin a d'ailleurs été choisie joueuse par excellence de cette rencontre.

Les Canadiennes désavantagées?

Paquin croit que le Canada aurait pu espérer un meilleur sort, si l'équipe avait pu compter sur certaines joueuses qui ont choisi de ne pas participer à la Coupe du monde pour demeurer au sein du programme de rugby à sept joueuses.

Après les Jeux olympiques de 2016, la fédération canadienne a annoncé qu'elle coupait le financement des joueuses qui, comme Karen Paquin, souhaitaient quitter momentanément le programme olympique à 7 joueuses pour prendre part à la Coupe du monde à 15 joueuses.

« Il y a des filles qui ont décidé de mettre le focus sur l'équipe à 7 qui auraient pu être des éléments-clés au sein de l'équipe à 15. À la Coupe du monde, on était la seule équipe à ne pas ramener ses joueuses de l'équipe à 7. Ça en dit quand même long sur la tendance mondiale. L'équipe championne, la Nouvelle-Zélande, avait toutes ses joueuses de l'équipe à 7. »

Karen Paquin compte tout de même réintégrer la formation canadienne de rugby à sept joueuses en prévision de la Coupe du monde qui aura lieu à San Francisco, en juillet 2018. Le Canada a décroché la médaille de bronze en rugby à sept lors des Jeux olympiques de Rio, en 2016.

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