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L’accès au marché mexicain menacé par Trump?

Les exportateurs et manufacturiers de la grande région de Québec ont bon espoir de conserver leur accès privilégié au marché américain, et ce, même si le président Donald Trump souhaite renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). C'est plutôt le possible resserrement des contrôles à la frontière entre les États-Unis et le Mexique qui suscite de l'inquiétude.

D'après les informations de Pascal Poinlane

L’homme d’affaires Pierre Dolbec croit qu’en raison de l’interdépendance des économies canadienne et américaine, il est peu probable que l’administration de Donald Trump en vienne à chambouler les relations commerciales entre les deux pays.

« Il a besoin de nous autres et on a besoin de lui, donc, c’est un win win situation », souligne le président de Dolbec International, une entreprise qui aide quelque 2800 clients à expédier leurs marchandises de l’autre côté de la frontière.

Le Mexique dans la mire de Trump

S’il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour le Canada, il en va toutefois autrement pour le Mexique, pays que le nouveau locataire de la Maison-Blanche semble avoir dans son viseur. Une situation qui pourrait nuire aux entreprises québécoises implantées dans ce pays, croit Pierre Dolbec.

« S’il fallait que M. Trump, pour des raisons XYZ, s’amuse à jouer avec le marché mexicain au niveau de l’ALÉNA […] ça pourrait être plus problématique pour les entreprises qui ont un lien direct avec le Mexique parce que là, on va avoir de la misère à y rentrer », mentionne-t-il.

Trump a parlé de tout le travail illégal qu’il veut arrêter, il a parlé d’un mur. En tout cas, il a l’air d’être parti mon kiki.

Pierre Dolbec

Faibles coûts de production

L’homme d’affaires explique que plusieurs entreprises québécoises utilisent le Mexique comme tremplin afin d’exporter des marchandises vers les pays d’Amérique centrale et du Sud. Elles profitent d’une main-d’œuvre plus abordable qui diminue leurs coûts de production.

« On a des entreprises qui sont ici qui vont faire un produit X, ils vont aller le faire au Mexique avec un 30 %, 40 % ou 50 % moins cher à cause des masses salariales. Ils ne sont pas capables d’exporter d’ici, parce que le coût de revient est trop bas », explique Pierre Dolbec.

Il ajoute que plusieurs entreprises de la région profitent de l’accord de l’ALÉNA pour expédier à faibles coûts des pièces ou des matières premières du Québec vers le Mexique, via les États-Unis.

Perte d'un avantage

Le resserrement des contrôles à la frontière américano-mexicaine pourrait toutefois les priver de cet avantage qui leur permet d’offrir leurs produits à un prix compétitif dans le reste des Amériques.

« Le transport, c’est le nerf de la guerre au niveau des échanges. Il ne faut pas se le cacher. [...] Alors les entreprises qui ont un pied-à-terre au Mexique ne la trouvent pas drôle au moment où on se parle », indique M. Dolbec, dont certains clients ont investi plusieurs dizaines de millions de dollars au sud du Rio Grande.

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