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L'accès inégal aux soins dentaires préoccupe des professionnels de la santé

Des professionnels de la santé se disent préoccupés par les inégalités en matière d'accès aux soins dentaires. Les personnes vulnérables et à faible revenu peinent à prendre en main leur santé buccale, faute de moyen.

Les soins bucco-dentaires ne sont pas couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), sauf pour certains frais pour les enfants de moins de 10 ans et pour les assistés sociaux.

La clinique santé SPOT, qui offre quelques heures par semaine de soins dentaires gratuits aux personnes marginalisées, constate une hausse grandissante des besoins chez la population vulnérable.

« J'ai une liste d'attente de plusieurs dizaines de personnes et il y a des gens à qui je dois dire que je ne peux pas les mettre sur la liste d'attente », déplore Nathalie Bouchard, chargée de projet à la clinique SPOT.

Maxime Robert, qui travaille au salaire minimum, ne pourra pas aller à sa rencontre annuelle chez le dentiste. « Je n'irai pas parce que je n’ai pas les moyens », admet-il.

« On n'a pas les ressources pour offrir des soins dentaires gratuits à toutes ces personnes », déplore Nathalie Bouchard, qui souligne que les personnes travaillant au salaire minimum, ou même plus, sont de plus en plus nombreuses à appeler la clinique.

Besoins énormes

Selon l'Institut de recherche et d'information socio-économiques, 27 % des Québécois se sont privés de soins dentaires en 2016 en raison des coûts. Il s'agit d'une hausse de 10 % par rapport à 2013.

« On peut dire qu'au Québec, les problèmes d'inégalités sont présents, on n'a pas besoin d'aller dans un autre pays pour voir des cas de caries extrêmes », souligne la professeure à la Faculté de médecine dentaire de l’Université Laval Aimée Dawson.

Elle souligne que les personnes qui n’ont pas accès à des soins bucco-dentaires sont plus susceptibles d'avoir des caries et d'avoir des abcès.

« On peut parler de la douleur, de la souffrance, de l'inconfort, des limitations alimentaires », énumère-t-elle.

Elle ajoute que ces personnes peuvent parfois se rendre à l’urgence, ce qui coûte cher au système de santé.

« On peut imaginer certaines couvertures pour tout le monde [...] Il y a des pistes de solutions », souligne-t-elle.

D’après un reportage de Nicole Germain

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