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L'aide financière pour l'hébergement en CHSLD à revoir d'urgence

Le Conseil pour la protection des malades soutient qu'il y a urgence de revoir les critères d'admission au programme d'aide de la Régie d'assurance maladie du Québec (RAMQ) pour les frais d'hébergement en CHSLD.

Le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, n'est pas tendre envers le gouvernement. « Ce n'est pas à nous de faire les frais d'une mauvaise gestion de cet État québécois. L'État doit certainement se questionner », suggère-t-il.

Selon les critères établis en 1983, pour obtenir de l'aide financière pour l'hébergement en CHSLD, une personne doit posséder des actifs liquides de moins de 2500 $ et la valeur de l'exemption pour une pour propriété se chiffre à 40 000 $.

Le Conseil pour la protection des malades a d'ailleurs l'intention de lancer un débat de société sur l'hébergement des personnes âgées lors de son colloque national qui aura lieu à Rouyn-Noranda en septembre.

Paul Brunet soutient que les promesses de l'État providence, créé dans les années 60, ont été rompues.

« C'est effarant les situations dramatiques auxquelles les gens sont confrontés. C'est un leurre qu'on nous a fait quand on nous a dit qu'on prendrait en charge nos vieux, nos personnes handicapées, quand on a augmenté nos impôts à l'époque. On s'est fait avoir encore une fois. »

Prise à la gorge

Après Neil Batterton, un homme de 71 qui craint d'être forcé de vendre sa maison pour payer les frais d'hébergement en CHSLD de sa conjointe, c'est au tour d'Isabel Petit de raconter son histoire.

À 46 ans, la mère de famille doit prendre soin de son mari atteint de la maladie d'Alzheimer. Les frais de plus de 1800 $ par mois ont rapidement fait grimper les dettes et Isabel Petit doit plus de 6000 $ au CHSLD.

Sa demande d'aide à la RAMQ a été refusée, même après une demande de révision. « Ce qu'ils me disaient, c'est : "vendez votre maison." Ben voyons, vendez votre maison, est-ce que je vais aller vivre dans le bois moi pour payer le CHSLD? C'est inconcevable », s'insurge-t-elle.

Triste perspective, elle pense s'en remettre aux assurances quand son mari décédera pour s'acquitter de ses dettes. « J'ai des assurances vie que je vais peut-être pouvoir leur donner quand il va partir », laisse tomber Isabel Petit.

Le gouvernement ne semble pas prêt à revoir les programmes d'aide pour l'hébergement en CHSLD. Lundi, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, soulignait que la contribution des usagers au Québec est parmi les plus basses au pays.

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