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L'Amundsen forcé d'interrompre une mission scientifique

Le navire de recherche Amundsen de la Garde côtière canadienne a dû interrompre une mission scientifique en Arctique sur les changements climatiques, pour remplir d'urgence son rôle de brise-glace.

Un texte de Maxime Corneau

La région du nord-est de Terre-Neuve est actuellement aux prises avec d’importants mouvements de glace en provenance de l'Arctique, qui ont d’ailleurs causé des problèmes majeurs à la navigation. Cette glace, selon la Garde côtière, est liée aux perturbations climatiques qui touchent l'Arctique présentement.

Les quelque quarante scientifiques à bord du navire de recherche qui voguait vers la baie d’Hudson ont donc été débarqués à Saint-Jean de Terre-Neuve pour que le brise-glace puisse travailler au déglaçage du secteur.

« C’est le brise-glace qui est disponible, avec la force nécessaire, pour travailler ce type de glace là », explique la commissaire adjointe de la Garde côtière canadienne, Julie Gascon. « Il n‘y avait pas d’autre alternative ».

Mme Gascon admet toutefois que l’annulation de la mission scientifique qui était sous la direction de l’Université du Manitoba aura un impact majeur sur la recherche. « Ça va causer un trou dans les données », déplore-t-elle.

Selon la commissaire adjointe, ces conditions de glace sont tout à fait « exceptionnelles ».

Un projet de recherche de 17 M$

Dans un communiqué publié lundi, l'Université du Manitoba déplore l'annulation du premier volet du projet de recherche. Le projet d'une durée de quatre ans est financé à hauteur de 17 millions de dollars et regroupe 40 chercheurs de 5 universités canadiennes.

« La décision d’annuler le programme BaySys 2017 n'a pas été prise à la légère, peut-on lire dans le document. [...] La décision de mettre fin au programme en 2017 a des répercussions importantes sur les partenaires et le grand nombre d'étudiants impliqués. »

Les chercheurs à bord du navire scientifique ont néanmoins saisi l'occasion pour réaliser des analyses complètes de la glace au large des côtes de Terre-Neuve. Celle-ci provient effectivement de l'Arctique.

« Le changement climatique ne réduit pas seulement l’étendue et l’épaisseur la glace de mer arctique, mais augmente également sa mobilité, ce qui suggère que les conditions de glace sont amenées à être plus variables et que des conditions plus sévères, comme celle-ci, se produiront probablement plus souvent », analyse David G. Barber, directeur du programme de recherche BaySys.

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