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L'application du règlement sur l'eau potable reportée de six mois

La Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) donne du lest aux propriétaires et promoteurs des banlieues au nord de Québec. L'application du nouveau règlement pour protéger les sources d'eau potable, adopté à la mi-mars, est reportée de six mois.

D'ici là, les citoyens et entrepreneurs qui ont des projets de construction dans le bassin versant et la prise d'eau potable du lac Saint-Charles pourront obtenir un permis en vertu des règles en vigueur depuis 2010.

« Le nouveau RCI [règlement de contrôle intérimaire] va s'appliquer seulement dans six mois, ça veut dire qu'on donne la chance à tout le monde et sans discrimination », a annoncé le maire de Québec, Régis Labeaume, lors d'une séance de la CMQ.

Ainsi, l'interdiction de construire des résidences sur des terrains qui ne sont pas reliés aux réseaux d'égout et d'aqueduc ou dont la pente est de plus de 15 % ne sera applicable que le 20 octobre prochain.

Toutefois, cette période de grâce exclut les mesures qui touchent la bande de 500 mètres autour du lac Saint-Charles, où seuls des « utilitaires », comme une piscine ou un cabanon, peuvent être construits.

D'autres assouplissements possibles

La présidente de la Commission de l'environnement de la CMQ et mairesse de Sainte-Brigitte-de-Laval, Wanita Daniele, ne ferme pas la porte à d'autres assouplissements.

« La Commission se donne six mois pour continuer à travailler sur des assouplissements possibles. Dans les derniers mois, on a entendu beaucoup de gens, d'organisations qui nous ont présenté des demandes, des mémoires, et c'est certain que nous, on en prend considération et on va continuer à travailler. »

Les citoyens et entrepreneurs avaient vivement dénoncé l'adoption d'un moratoire sur la construction, puis du nouveau règlement. Le maire Labeaume avait promis une analyse des dossiers au cas par cas pour tenter de les rassurer. « Ça aurait été ingérable », a-t-il reconnu.

Celui qui a toujours plaidé l'urgence d'agir pour protéger la principale source d'eau potable de la ville défend l'adoption d'une période de grâce.

« C'est une réforme majeure, alors oui il y a urgence, mais en même temps il faut le faire humainement, il faut être juste. Donner six mois pour atteindre nos objectifs à long terme, on est gagnant tout le monde », soutient Régis Labeaume.

Course au développement?

S'il soulage certains promoteurs et citoyens, le report de l'application du règlement inquiète les protecteurs du lac Saint-Charles qui craignent une course au développement.

« Là, on doit vivre avec le fait qu'on va mettre une pression sur le développement, c'est ça aussi qu'il faut retenir. On ne sait pas ce que ça va donner à court terme, comment on va gérer ça », soulève Mélanie Deslongchamps, directrice générale de l'Association pour la protection de l'environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord.

Le maire de Québec reconnaît qu'il craint des « excès » particulièrement du côté de Stoneham-et-Tewkesbury.

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