Quelques dizaines d'artificiers s'affairent tout le mois d'août à préparer les feux d'artifice présentés sur le fleuve Saint-Laurent. Incursion dans les coulisses de ce monde coloré.

Mardi matin, aux aurores. Les artificiers de la firme GFA Pyro s'activent sur la barge de lancement pour s'assurer que tout est fin prêt pour le grand soir. Une seule soirée des Grands Feux Loto-Québec requiert presqu'un an de préparation, si l'on tient compte du travail de création et de conception avant le jour J, l'assemblage, le montage, l'armement, l'amorce et le spectacle.

Le grand manitou des feux d'artifice de mercredi, Éric Cardinal, baigne dans la poudre noir depuis sa tendre enfance. Il conçoit des dizaines de spectacles pyrotechniques chaque année, partout dans le monde.

L'artificier aime bien se tenir à l'affût des dernières avancées technologiques. Sa minutie lui a même valu des récompenses:il a reçu un Jupiter d'argent à sa première conception informatisée. « Il faut travailler la musique, faire la conception, assigner chaque petit feu d'artifice au dixième de seconde, ou au centième de seconde près. Sur 20 minutes, ça fait beaucoup d'allumages, beaucoup de précision. »

400 heures de préparation

Chaque soirée de Grands Feux nécessite trois jours de préparation sur le fleuve. La barge en question mesure 45 mètres par 10 mètres. Elle contient tout le matériel pyrotechnique qui sera déployé dans le ciel. Plus de 3000 bombes et 7 kilomètres de filage sont nécessaires pour relier le matériel.

Un seul spectacle de 20 minutes nécessite 400 heures de travail pour les artificiers. Mercredi, ce sont six techniciens qui assureront le bon déroulement des opérations. 

Nouveauté cette année : la barge de lancement a été déplacée pour être plus près du public. Elle se trouve à moins de 500 mètres des spectateurs, entre les quais du port de Québec et le quai Paquet de Lévis. Une particularité qui force les maîtres d'oeuvre à séduire les deux rives à la fois.

Le travail sur la barge doit donc être réglé au quart de tour. « C'est là notre travail d'expertise de savoir comment positionner les bombes pour offrir le plus beau spectacle, le plus large possible, pour couvrir le ciel », ajoute l'artificier.

La directrice générale, Hélène Bernard, est convaincue que le public n'y verra que du feu. « C'est d'en faire un événement immersif pour que le public puisse apprécier les feux d'artifice. On les voit, mais là on fait travailler les sens. On le ressent. On sent la vibration des feux. C'est très impressionnant. »

Système informatisé

La pyrotechnie a beaucoup évolué au cours des 25 dernières années. Éric Cardinal en sait quelque chose. Sa passion pour les bombes colorées lui a été transmise par son père artificier. « Il y a 25 ans, on allumait ça à la main, ou presque. Il n'y avait pas vraiment de précision, c'était plus une question de remplir le ciel de feux d'artifice. »

Aujourd'hui, tout le système de mise à feu est informatisé. L'évolution technologique se fait sentir tant au niveau chimique qu'au niveau de la fabrication des feux d'artifice, avec de nouvelles couleurs et de nouveaux effets visuels. 

Même si tout est informatisé, la pression demeure pour le concepteur. « Une erreur de manipulation, ce ne serait pas dramatique. Mais ça ne serait pas beau artistiquement. Si tout d'un coup coup il y a un tableau rouge, puis il y a une petite bombe blanche qui part à droite toute seule, ce n'est pas toujours beau. »

Le fleuve et ses caprices

L'une des particularités des Grands Feux Loto-Québec résident dans le fait que c'est un spectacle qui se déroule au-dessus de l'eau, et pas n'importe quel cours d'eau. Le fleuve Saint-Laurent est reconnu pour sa complexité.

Richard Hébert est l'homme de la situation. Le directeur aux opérations et aux communications maritimes veille à la planification sur l'eau de A à Z. « Le premier élément, c'est le trafic maritime. On est en discussion avec eux pour qu'ils traversent la zone avant ou après les feux. On doit aussi faire la gestion du trafic des plaisanciers sur l'eau. »

Son travail est précieux pour les artificiers. C'est lui qui les informe des variations de température, des changements de direction des vents ou de tout ce qui touche l'environnement.« Le fleuve est très actif par rapport aux marées. Les courants sont importants dans cette portion du fleuve, de l'île d'Orléans jusqu'au pont de Québec. On doit prendre en considération les navires de la marine marchande qui travaillent jour et nuit, la température et les vents. C'est un travail assez considérable! »

Des feux plus écolos

Et l'environnement dans tout ça? Est-ce que les bombes qui tombent dans le fleuve sont nocives pour l'environnement? Richard Hébert assure qu'il y a une nette amélioration. « On utilise des éléments de cartonnage de détérioration rapide qui sont approuvés. Au moment où ils touchent le fleuve, ça se détériore extrêmement vite. Ça devient une éponge. »

Les Grands Feux Loto-Québec se tiennent tous les mercredis et samedi à 22 h, jusqu'au 24 août.

D'apès les informations d'Andréanne Plante et Claudia Genel

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