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L'Assemblée nationale ne traverse pas une crise, selon le secrétaire général

Le secrétaire général de l'Assemblée nationale, Michel Bonsaint, ne croit pas que les nombreuses démissions d'employés administratifs soient liées à un mauvais climat de travail. Il reconnaît toutefois que l'ambiance qui y règne est particulière.

Un texte d’Alexandre Duval

« Il y a des députés, il y a des employés politiques, il y a des employés administratifs et il y a des journalistes, donc on vit dans la fébrilité au jour le jour », illustre le plus haut fonctionnaire de l’Assemblée nationale.

Selon M. Bonsaint, l’Assemblée nationale est donc à la fois « un milieu particulier » et « un milieu fascinant ».

« Je peux vous dire que la grande majorité des employés ont l’Assemblée tatouée sur le cœur et sont très contents de travailler ici », a-t-il soutenu.

Le secrétaire général réagissait ainsi au reportage de Radio-Canada, mercredi, qui faisait état du départ de près de 10 % du personnel administratif de l’Assemblée nationale entre janvier 2016 et octobre 2017.

Dans divers documents, les syndicats lient cette « hémorragie » à un milieu de travail où les employés disent notamment subir des pressions politiques, un manque de civisme de certains gestionnaires et une écoute déficiente de la part des ressources humaines.

Situation répandue

Or, selon M. Bonsaint, ces départs à répétition ne sont pas le propre de l’Assemblée nationale : tout l’appareil public est touché, affirme-t-il.

Interrogé sur les pressions politiques que les employés administratifs disent subir, le secrétaire général a esquivé la question. « On est tous fiers de servir les députés de l’Assemblée nationale », a-t-il répondu.

M. Bonsaint rappelle toutefois qu’il a rencontré les délégués syndicaux à quelques reprises depuis le printemps dernier et qu’il a pris les doléances des syndicats au sérieux.

Il a notamment consenti à déclencher une consultation sur le climat de travail à l’Assemblée nationale.

Un appel d’offres sur invitation doit être lancé bientôt afin d’embaucher une firme externe qui sera chargée de sonder les employés sur une base anonyme.

Des députés surpris

À leur arrivée à l’Assemblée nationale, mercredi matin, des députés se sont montrés surpris d’apprendre que le climat de travail était qualifié de la sorte par les employés administratifs.

« J'ose croire qu'avec les informations qu'on a lues ce matin, M. Bonsaint va se pencher là-dessus », a commenté le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec, François Bonnardel.

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, s’est senti concerné par cette situation. « Comme député, je trouve ça inquiétant et j'espère qu'il y aura des réflexions et des actions prises. »

« S'il y a bien un endroit qui devrait être exemplaire en matière de climat de travail et de respect des droits des travailleurs et travailleuses, c'est l'Assemblée nationale du Québec! », a-t-il lancé.

Le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, a dit que la situation soulevait des questions, mais qu’il appartenait à la haute direction de l’Assemblée nationale d’y répondre.

La vice-chef du Parti québécois, Véronique Hivon, y est allée d’un message semblable. Elle a dit souhaiter que « le climat de travail puisse être le meilleur possible », mais qu’il s’agit d’une question administrative et non politique.

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