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L’attaque contre des musulmans à Londres ravive des craintes à Québec

L'attaque commise dimanche soir à Londres contre un groupe de musulmans fait revivre de douloureux souvenirs à leurs confrères de Québec. « La minorité musulmane est une cible », affirme le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, qui réclame du même souffle des mesures de sécurité resserrées.

« Vous me parlez et depuis tout à l’heure je me retiens [de pleurer], a lancé M. Benabdallah lors d’une entrevue lundi matin avec une journaliste de Radio-Canada. J’ai la chair de poule, encore une fois. »

La nuit dernière, des musulmans quittaient une mosquée du nord-est de Londres après avoir rompu le jeûne en ce mois du ramadan. Une camionnette a foncé délibérément sur plusieurs d’entre eux qui s’étaient rassemblés à l’extérieur.

Au moment de l’attaque, le conducteur de la voiture, un homme de 48 ans, aurait crié qu’il voulait « tuer tous les musulmans ». Pour Boufeldja Benabdallah, ce drame fait rejaillir la peine ressentie à la suite de l’attentat du 29 janvier dernier, à Québec.

« C’est encore à la surface parce qu’il y a des nôtres qui sont encore blessés », explique-t-il. À son avis, une attaque contre la communauté musulmane est une attaque contre toute la société.

Pour Saïd Akjour, blessé lors de l'attentat contre la mosquée de Québec, les événements de Londres ravivent les blessures subies il y a près de 5 mois maintenant.

« C'est la même blessure qui vient de réapparaître. Ce qui vient d'arriver à Londres, c'est comme ce qui m'est arrivé. Il faudrait augmenter la sécurité », témoigne M. Akjour.

Pas assez de sécurité

M. Benabdallah indique que dans la foulée de l’attentat du 29 janvier, il a ressenti beaucoup de soutien de la part des autorités. Il croit toutefois que la fréquence des attaques contre les musulmans, partout à travers le monde, doit amener plus de mesures de sécurité.

« Il manque des gestes tangibles. Quand on parle de sécurité, il faut qu’il y ait des gestes tangibles […] pour qu’on le sente », dit-il. S’il convient que les policiers de Québec ont effectué plus de patrouilles autour des mosquées ces derniers mois, il aimerait qu’une présence permanente soit assurée notamment lors des prières.

« Si vous sécurisez la petite minorité de musulmans ici, tous les citoyens vont s’en ressentir parce qu’ils vont savoir que le gouvernement a pris des dispositions. »

Lundi matin, la première ministre britannique Theresa May a indiqué que la police de traitait l’affaire comme une « possible attaque terroriste ».

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