Avec son crâne à moitié rasé et un chignon sur le dessus de la tête pour retenir sa longue tignasse, Me Didier Samson détonne dans les corridors du palais de justice de Québec.

Un texte de Yannick Bergeron

Sous sa toge, l'avocat de 40 ans cache aussi des tatouages qui rivalisent d'originalité avec ceux de ses clients. L'homme de loi carbure autant au droit qu'à la musique, la musique heavy metal.

« C'est sûr que c'est un contraste », convient de sa voix rauque le guitariste du groupe The Flaying quelques minutes après une performance sur la petite scène d'un bar underground de Québec.

Plus tôt dans la journée, l'avocat a défendu une femme accusée d'avoir proféré des menaces, en respectant scrupuleusement le décorum de la salle d'audience.

Dans une salle de spectacle, il se transforme en avocat du diable. Il secoue frénétiquement la tête au rythme de sa guitare pendant que le chanteur de son groupe à la voix gutturale interprète une chanson brutale. Le death metal est aux antipodes de la musique classique.

Il ne voit pas dans son choix musical une discordance avec le métier qu'il exerce. L'image que les gens se font du metal n'est pas exacte, selon lui.

« L'image du genre : "les tatous, les cheveux longs, death metal, criminel, pour moi il prend de la drogue." C'est sûr que les gens peuvent faire cette équation-là. C'est faux. Impossible. Quand tu travailles à la cour, ton cerveau est comme dans une toune death metal. Il est là, parce que s'il n'est pas là, tu l'échappes », assure Didier Samson.

Dès son arrivée à la Faculté de droit de l'Université Laval en 1998, il a remarqué qu'il n'était pas comme les autres étudiants.

« C'est un bum de bonne famille », lance Me Maxime Roy, au sujet de l'avocat-musicien qu'il a connu à l'école du Barreau. Me Roy raconte que Samson aime bien souligner qu'il vient de Baie-Comeau, mais oublie de dire que son père y était « le médecin de la place ».

« Moi, ce qui me fascine, c'est qu'il dérange et rassemble à la fois », observe Me Roy, un avocat au style bien différent. Didier Samson a beau avoir un côté « anarchiste », il voue un très grand respect à l'institution, constate son confrère.

« Lui-même a pris conscience qu'il peut être ce qu'il est. Dans la mesure où il fait un bon travail à la cour », souligne Me Roy.

Pour l'avocat-musicien, le death metal est l'exutoire qui lui permet de pratiquer son métier.

« C'est sûr qu'avec l'allure que j'ai là, regardez les règles, je les suis. J'ai de beaux boutons de manchette, mais ils ont quand même un style », s'amuse Me Samson, en exhibant fièrement ses boutons de manchette en forme de tête de mort.

Son groupe prépare la sortie de son deuxième album qu'il promet encore plus corrosif que le premier.

« La musique, c'est ça qui est le fun, quand elle est extrême. Il y a comme une espèce de statement là-dedans, en voulant dire: "Regarde, en dedans de nous on repousse la liberté d'expression jusque là." Juge ce que tu veux. Souvent, les gens jugent quand ils ne connaissent pas [...] La seule personne dans ma vie qui juge en ce moment, c'est dans mon travail et c'est la personne assise sur le banc en avant », illustre l'avocat.

Le reportage complet à voir dans l'épisode du 12 juillet, diffusé à 18 h 30 à Québec sur demande.

Plus d'articles

Vidéo du jour


L’amour selon le zodiaque