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L’eau de Pâques : une tradition toujours vivante

Avant le lever du soleil, dimanche, il y avait bien de l'activité dans un petit boisé de Neufchâtel à Québec. Gardiennes de la tradition de l'eau de Pâques, des centaines de personnes se sont agenouillées près d'une source souterraine pour y récolter le précieux liquide.

Le sentier avait été soigneusement préparé et nettoyé par les chevaliers de Colomb. Une pancarte affichait la direction à suivre dans le chemin d’une centaine de mètres menant à la source.

À destination, des flambeaux et des bougies permettaient d'y voir un peu plus clair dans l'obscurité de la nuit.

Peu après 5 h, Johanne Richard arrivait à destination. Depuis ses 18 ans, le rituel de l’eau de Pâques fait partie de sa vie. Aujourd’hui, sa fille l’accompagne.

« Je trouve que c'est un moment important avec ma fille. Je trouve ça le fun de faire ça avec elle », raconte-t-elle.

Souriante, la femme explique que sa récolte profite à plusieurs personnes. Outre la petite bouteille d’eau de Pâques qu’elle conserve au frigo, elle en offre à sa propre mère, qui l’utilise pour se frictionner.

Mme Richard en offre aussi à d’autres aînés qui croient aux prétendues vertus de l’eau de Pâques, mais dont la condition physique les empêche de se rendre à la source.

Un grand-père était aussi là avec ses petits-enfants. Jacques Gagné croit toujours aussi fermement que l’eau de Pâques est miraculeuse.

« Pour moi, c'est une protection, explique-t-il. Ç'a ses bienfaits. Ça protège la maison, ça protège les membres de la famille. Je m'en sers aussi pour des petits bobos! »

Le grand chevalier du conseil de Charles-Neuf, Jean Desroches, raconte que la source souterraine a été découverte par un de ses collègues, il y a une vingtaine d’années.

En ce dimanche de Pâques, elle était particulièrement généreuse. « On est chanceux, il y a deux petits gisements, donc il y en a en masse! », fait remarquer M. Desroches.

Des pots de verre étaient disponibles pour les gens qui avaient oublié les leurs.

Avec le travail que ce rituel commande, M. Desroches était heureux de voir autant de personnes fidèles à cette tradition qui relève plus de la croyance que de la science. « Vrai, pas vrai? On ne le sait pas, mais on vient tous pareil! »

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