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L’École Boudreau, l’école de la deuxième chance

L'École Boudreau, située dans le secteur Vanier, à Québec, est considérée comme l'école de la seconde chance. Ses élèves sont des doublants ou des raccrocheurs. Sans cette école, bon nombre d'entre eux n'auraient jamais obtenu leur diplôme d'études secondaires.

Un texte de Pascale Lacombe

Le taux de diplomation à l’École Boudreau atteint 70 %. C’est seulement quelques points de pourcentage de moins que la moyenne québécoise du réseau public de 76,5 %.

« Si l’École Boudreau n’existait pas, je serais peut-être sur le marché du travail au salaire minimum. Je ne serais même pas sur le point d’avoir mon secondaire en poche », croit Kevin Lyonnais-Martel.

À 16 ans, il avait des problèmes d’absentéisme et a fini par abandonner l’école. Trois ans plus tard, après être devenu père, il s’est tourné vers l’École Boudreau. Aujourd’hui, il a 21 ans et rêve d'étudier à l’université en administration.

« Ici, j’ai découvert mon potentiel. Je sais que je suis intelligent, je ne veux pas terminer dans un McDo. Je veux le meilleur pour ma famille », affirme le futur diplômé.

Kevin souffre d'un trouble du déficit de l'attention (TDA) diagnostiqué, tout comme la moitié des élèves de l'école. En fait, ils présentent tous des problèmes d’apprentissage.

Quelque 20% d'entre eux souffrent d'un problème de santé mentale, principalement l’anxiété et la dépression. Quelques-uns ont aussi des troubles d'apprentissage tels que la dyslexie et la dysorthographie. Les difficultés familiales et psychosociales sont fréquentes.

Les élèves peuvent compléter des cours du 2e cycle du secondaire. Les matières qui ne sont pas essentielles à l’obtention du diplôme sont laissées de côté. Ils ont moins de cours, mais doivent les réussir plus rapidement : en 5 mois au lieu de 10.

« Ça crée une certaine difficulté, mais ça crée un objectif à court terme. Ils mettent moins de matières dans leur horaire. Ça les aide, au lieu de s’éparpiller sur huit ou neuf matières comme dans un parcours régulier », précise la directrice.

Dans cette école, l’encadrement des professeurs et des intervenants est la clé du succès. « Le lien que l’on réussit à créer avec nos élèves, c’est tellement une force. Ils réussissent à oublier leur anxiété et leurs difficultés. Ils ouvrent leurs œillères et ils arrivent à la réussite », croit l’enseignante Janick Ross.

Au moins six membres du personnel tels que des psychologues, conseillers en orientation, orthopédagogues et techniciens en travail social sont disponibles pour les 325 élèves.

« Dans une autre école régulière où j’ai déjà travaillé, je pouvais avoir 500 élèves et un ou deux [de ces services professionnels ] », explique Mme Bissonnette.

Près de 80 % des finissants à l'École Boudreau prennent la route du cégep et des programmes d’études professionnelles. Les autres se dirigent vers le marché de l’emploi.

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