Retour

L'été, la saison des BBQ... et des grands brûlés

Linda Bouchard et sa fille Kim Briand se rappellent encore dans tous les détails leur BBQ du 3 septembre 2011. C'était l'heure du souper au chalet, les enfants avaient faim, les briquettes du petit poêle au charbon de bois avaient pris l'humidité. La mère met un accélérant pour que le feu démarre plus vite. Une mauvaise habitude qui tourne au drame ce jour-là.

« J'ai pris le gros bidon, je me suis avancée, mais il y a avait des flammes, la chaleur, il faisait 30 degrés, ça a explosé », raconte la mère de Saguenay.

Linda Bouchard a été brûlée sur 30 % de son corps, ce qui a nécessité plusieurs greffes de peau et des mois de réhabilitation. Sa fille Kim, qui se trouvait tout près, a subi elle aussi des brûlures, mais moins importantes.

Ce scénario, la directrice médicale de l'unité des grands brûlés du CHU de Québec, Dr Amélie Dumas, le voit trop souvent. L'été est la saison la plus achalandée au département des grands brûlés de l'hôpital de l'Enfant-Jésus.

« L'été, c'est notre période active à l'unité des grands brûlés. Beaucoup de traumatismes sont liés justement aux vacances des gens », explique la chirurgienne plasticienne.  

À l'été 2014, 44 patients y ont été traités pour des brûlures majeures.

Les deux causes les plus fréquentes sont liées à l'utilisation d'accélérants (8 cas) et de BBQ (5 cas). 

L'utilisation d'accélérant fait partie de sa liste des « mauvaises idées ». « Des accélérants, ça peut carrément exploser et créer des brûlures qui peuvent aller de brûlures mineures à des brûlures assez majeures et sévères », rappelle Dr Dumas.

Un autre souper qui tourne mal

La vie de Julie Cauchon a été bouleversée le soir du 8 septembre 2012. Lors d'un souper entre amis, son conjoint a rempli de combustible le brûleur du poêle à fondue encore chaud. Il a explosé en enflammant la nappe. Julie a été brûlée au bras, à la main et au visage.

« Le liquide a revolé sur mon bras et un peu dans mon visage. Le feu a pris après la nappe. J'avais les cheveux un peu plus longs, lousses, donc ça a monté dans mes cheveux », relate Julie Cauchon.

Sans surprise, les activités liées à la cuisine occasionnent plusieurs cas de brûlures graves. À l'été 2014, 8 victimes traitées à L'Enfant-Jésus s'étaient blessées dans ces circonstances.

En plus des cicatrices, Julie Cauchon conserve des séquelles psychologiques de l'incident. « Je reste extrêmement peureuse. Je ne m'occupe jamais du BBQ. Tout ce qui est relié au feu me rend très nerveuse », dit-elle.

Elle dénonce la négligence. « La vie va vite, on fait tellement les choses sans réfléchir, souligne-t-elle. Ça vient me chercher en dedans parce que justement ça pourrait être évité. Je trouve qu'il n'y a pas assez de prévention par rapport à ça. »

Linda Bouchard a appris de sa mésaventure. « Des BBQ, j'en refais encore. J'ai démystifié le fait que ce n'est pas le BBQ qui (est fautif), c'est le geste que moi j'ai posé. Ce que je dis, c'est que quand on travaille avec des choses comme ça, de ne pas être pressé. Dans l'excitation, dans l'énervement, on passe des étapes de sécurité, puis il arrive ce qui m'est arrivé. »

Les données compilées par le Système d'information du registre des traumatismes du Québec (SIRTQ) démontre par ailleurs que ce sont les hommes (84 %) qui ont été en plus grand nombre victimes de brûlures sévères à l'été 2014. Quarante des 44 victimes était des adultes. 

Plus d'articles

Commentaires