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L’expansion du Centre de prévention de la radicalisation à Québec devra attendre

Le projet n'est pas mort, mais il chemine plus lentement que prévu. Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence voulait ouvrir une antenne à Québec avant la fin 2017, mais l'accueil glacial réservé par le maire Labeaume amène l'organisation à retarder ses plans.

Un texte d’Alexandre Duval

« C’est sûr que les discussions avec la Ville de Québec, on aurait aimé qu’elles favorisent un peu plus l’arrivée du Centre. Ça n’a pas nécessairement été le cas », affirme Benjamin Ducol, responsable de la recherche.

L’objectif demeure, mais « ça nous amène à être un peu plus patients dans la manière dont un veut faire notre implantation du côté de Québec », indique-t-il.

Régis Labeaume avait été catégorique, il y a un an, lorsqu’il avait commenté le désir du Centre de s’amener à Québec. « On n’a pas besoin de ça à Québec et la Ville ne mettra aucun sou », avait-il tonné.

Le Centre a un mandat provincial, mais son quartier général se trouve à Montréal. Malgré les critiques du maire de Québec, l’organisation n’a pas baissé les bras et a visité des locaux dans la capitale au cours des derniers mois.

M. Ducol précise toutefois que le Centre n’a pas l’intention de « s’imposer ». « L’idée, c’est de ramener autour de la table tous les acteurs pour qu’on puisse aller de l’avant de manière sereine et concertée. »

L’attaché de presse du maire de Québec, Paul-Christian Nolin, indique que la position du maire n’a pas changé depuis un an. Il ajoute qu’il n’y a pas de discussions en cours entre le Centre et l’administration municipale.

Des besoins réels

Actuellement, le Centre dispose de deux employés qui se consacrent à temps plein à la grande région de Québec. La demande est telle que des collègues de Montréal doivent parfois se déplacer pour venir leur prêter main-forte, indique M. Ducol.

L’année dernière, le Centre a notamment offert 18 formations dans la grande région de Québec afin d’offrir des outils pour détecter les signes de radicalisation et mieux intervenir.

Au cours de cette même période, le Centre a aussi donné huit présentations et ateliers dans la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. Au total, environ 1150 personnes ont été touchées.

Pour l’instant, les partenaires du Centre sont surtout issus du milieu scolaire, communautaire et de la santé. Il n’y a qu’un chaînon manquant, selon M. Ducol : les acteurs municipaux.

Démystifier les actions du Centre

Si le Centre souhaite s’établir à Québec, ce n’est pas pour endiguer une problématique qui serait plus grave qu’ailleurs : c’est simplement pour remplir son rôle, affirme M. Ducol.

« On fait de la prévention. De la prévention, c’est en amont! Ça ne veut pas dire que Québec est plus à risque ou a un contexte plus problématique que le reste du Québec, mais ça reste un gros pôle urbain. »

L’an dernier, à la suite de l’attentat à la grande mosquée, le Centre annonçait avoir connu une importante hausse d’appels en provenance de la capitale.

Depuis, le nombre d’appels se serait stabilisé, mais M. Ducol indique que Québec demeure le deuxième endroit d’où émane le plus grand nombre d’appels après Montréal.

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