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L'impact de l'affaire Scorpion sur Jean-Paul L'Allier

Le scandale de la prostitution juvénile, qui a éclaté à Québec au début des années 2000, a profondément ébranlé Jean-Paul L'Allier. Dans la dernière entrevue qu'il a accordée à Radio-Canada, l'ex-maire décédé à 77 ans admet que cette période a été difficile à traverser.

Au terme d'une enquête sans précédent, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) démantèle en 2002 un important réseau de prostitution juvénile. Des hommes d'affaires bien connus de la région, de même que l'animateur-vedette de la station de radio CJMF, Robert Gillet, sont arrêtés.

Les policiers laissent entendre que d'autres personnalités en vue pourraient être impliquées. Le climat de suspicion qui règne pousse l'ancien maire à déclarer qu'une « odeur de purin » flotte sur la ville.

« À Québec, quand tu as ramassé Gillet et un autre, un autre et un autre, quels gros noms restent? Le président de la Chambre de commerce? L'archevêque de Québec? Le maire de la ville? », demande-t-il.

Impossible pour sa conjointe et ses enfants de faire abstraction des rumeurs qui circulent. L'histoire aura un impact dans sa vie personnelle.

Ultimement, les policiers ne procéderont à aucune autre arrestation, mais pour Jean-Paul L'Allier, l'épisode laissera des traces. « Les gens sautent vite aux conclusions », dit-il.

André Arthur visé

Jean-Paul L'Allier n'hésite pas à montrer du doigt André Arthur, un animateur radio très populaire lors de l'éclatement du scandale.

« Il était toujours en insinuations », explique l'ancien maire. « C'est un gars extrêmement intelligent. C'est un gars qui sait faire du journalisme, mais il peut être vicieux. C'est son choix », déplore-t-il.

Jean-Paul L'Allier se souvient que ses enfants entendaient les commentaires d'André Arthur en route vers l'école, car leur chauffeur d'autobus écoutait son émission.

« Ça a été dur pour la famille », confirme-t-il, avant d'ajouter que la plaie est désormais « cicatrisée ».

À la fin de l'enquête policière, M. L'Allier affirme avoir été reçu à dîner par l'état-major du SPVQ.

La direction lui aurait alors confié regretter ce qui s'est passé. « C'était quasiment des excuses », croit Jean-Paul L'Allier.

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