La présentation en cour, jeudi, de l'appel au 911 d'Alexandre Bissonnette le soir de la tuerie à la mosquée de Québec met en lumière l'importante tâche de répartiteur, qui doit garder le contact avec l'appelant, tout en colligeant des informations essentielles à l'intervention.

À l’instar du répartiteur Simon Labrecque qui est demeuré en contact avec Alexandre Bisonnette durant un peu plus de 50 minutes, le répartiteur doit faire preuve de beaucoup de sang-froid, mentionne Carol Raiche, présidente de l’Association des centrales d’urgence du Québec.

« Ce travail-là prend beaucoup de la tolérance au stress, de l’empathie, de l’écoute active, une bonne communication. Dans les extraits que j’ai écoutés, on retrouve vraiment l’ensemble de ces qualités que le répartiteur d’urgence doit avoir. »

Au cours de la conversation le soir du 29 janvier 2017, le répartiteur établira un lien de confiance avec Alexandre Bissonnette, qu’il en vient à tutoyer, le convaincra d’immobiliser son véhicule sur le bord de la route, de ne pas en sortir, et gèrera la confusion du tueur, le temps que la police organise son intervention.

Lors d’un appel d’urgence, les objectifs poursuivis sont multiples : garder le contact, sécuriser l’intervention à venir et cheminer avec la personne pour l’amener à poser les gestes qu’on attend d’elle, explique Mme Raiche.

« Tant qu’on a un contact avec l’appelant, on peut avoir un certain contrôle, on peut l’amener à réfléchir sur ces actes qu’il va poser, des actions, on va lui dire : peut-être pas ce geste-là, attend on va venir t’aider. »

Au fil de la conversation, les renseignements recueillis par Simon Labrecque sont aussi captés par des collègues et transmis à la police. Le soir du 29 janvier, Alexandre Bissonnette confie au répartiteur qu’il a consommé de l’alcool et affirme que son arme est laissée sur la banquette arrière du véhicule.

La position est obtenue par le répartiteur, mais les coordonnées d'Alexandre Bissonnette pouvaient aussi être transmises grâce au téléphone cellulaire, affirme Mme Raiche.

« Naturellement, obtenir l’adresse précise de l’appelant qui coopère est toujours la solution la plus rapide, mais oui, on a des coordonnées GPS qui sont livrées par le système. »

Les répartiteurs à travers le Québec sont formés au Cégep Beauce-Appalache et au Cégep Montmorency, mais des formations sont aussi offertes à l’interne, selon les réalités régionales.

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