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L'industrie forestière craint un nouveau conflit du bois d'oeuvre

L'entente sur le bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis arrive à échéance à 23 h 59 mercredi et l'industrie forestière craint de se voir imposer une nouvelle taxe aux frontières américaines. Lors du dernier conflit, la taxe à l'exportation sur le bois canadien avait été fixée à 32 % avant d'être réduite à 27 % en 2002.

Le représentant du Commerce des États-Unis, Michael Froman, et la ministre du Commerce international du Canada, Chrystia Freeland, ont assuré que les négociations allaient se poursuivre malgré l'expiration de l'entente.

Il est cependant minuit moins une et le copropriétaire de la scierie Alexandre Lemay et fils s'inquiète pour son entreprise de 85 employés située dans la MRC de la Nouvelle-Beauce.

« Un dépôt de 25 %, c'est énorme. Beaucoup d'entreprises, dont la nôtre, ne pourront pas se permettre de faire un dépôt de cette ampleur-là sur une longue période », analyse Gilles Lemay, qui envoie environ 70 % de sa production aux États-Unis.

Plus d'une cinquantaine de producteurs de bois d'oeuvre ont d'ailleurs assisté à une conférence organisée mercredi par le Conseil de l'industrie forestière pour les préparer au conflit à venir qui pourrait durer plusieurs années.

« C'est le début d'une 5e guerre commercial, explique le président du Conseil, André Tremblay. On en est déjà à notre 5e en 30 ans contre les États-Unis qui prétendent que notre bois est subventionné et vendu à un prix inférieur à sa valeur. »

Or, André Tremblay fait valoir que l'industrie forestière du Québec a été réformée par le gouvernement en 2013, précisément pour répondre aux exigences américaines.

« Le Canada a toujours eu raison dans les quatre disputes antérieures. Il n'y a pas de raison, avec le nouveau régime forestier qu'ils nous ont mis en place, que le Québec ne fasse pas reconnaître sa situation particulière », insiste le président du Conseil.

À court terme, il prévoit néanmoins que les producteurs de bois d'oeuvre américains déposeront une plainte au département du Commerce et qu'une taxe de 25 %, possiblement rétroactive, pourrait s'appliquer sur les exportations canadiennes dès le mois de mars.

Le dernier conflit du bois d'oeuvre a mené à des milliers de pertes d'emplois au pays. Le Conseil de l'industrie forestière soutient que les producteurs canadiens auront besoin d'un fonds d'urgence pour faire face à l'éventuelle entrée en vigueur d'une taxe américaine.

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