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L'opposition veut l'abandon du projet d'usine de biométhanisation

Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Québec demande à l'administration Labeaume d'imiter les villes de Lévis, Sherbrooke et Gatineau et d'opter pour une usine de compostage plutôt qu'une usine de biométhanisation de 108 millions de dollars.

Paul Shoiry fait valoir que d'autres villes au Québec ont fait le choix d'un centre de compostage parce qu'il est plus avantageux financièrement et davantage adapté à la quantité de matières organiques qu'elles ont à traiter.

« La technologie [de biométhanisation] n'est pas faite pour les matières putrescibles pour les villes comme Québec, Lévis. D'autres ont fait ce choix parce que sur le territoire, elles comptent des usines du secteur agroalimentaire qui ont des résidus alimentaires importants », soutient-il.

Le chef de Démocratie Québec affirme notamment que Gatineau réalise des économies de 4 millions de dollars par année avec son centre de compostage.

La Ville trop endettée, dit Paul Shoiry

M. Shoiry souligne par ailleurs que le projet de Centre de biométhanisation de l'agglomération de Québec (CBAQ), lancé en 2010, prend du retard parce que la Ville n'a plus les moyens de ses ambitions.

Les dépenses entourant l'amphithéâtre font en sorte que la Ville, qui doit commencer à rembourser la dette à compter du prochain budget, n'a plus de marge de manoeuvre pour lancer de grands chantiers, affirme Paul Shoiry.

M. Shoiry reproche d'ailleurs à la Ville d'avoir opté pour la technologie de biométhanisation en raison de la possibilité d'obtenir une subvention du gouvernement du Québec et non sur la base de ses réels besoins.

L'opposition demande à l'administration du maire Labeaume de rendre publiques les études justifiant ses choix et de « cesser de tergiverser dans le dossier » pour ne pas retarder davantage l'atteinte des objectifs de recyclage de 60 % des matières organiques fixés par le gouvernement du Québec.

Dans son rapport annuel présenté il y a une dizaine de jours, le vérificateur général de la Ville s'était inquiété du retard pris par la Ville dans le dossier. Il a dit craindre que le Centre de biométhanisation ne soit pas complété avant la date butoir du 30 septembre 2019 pour être admissible à une subvention du ministère québécois de l'Environnement.

Le projet toujours à l'ordre du jour

Le maire de Québec affirme que le projet de biométhanisation est toujours à l'ordre du jour et déclare que les propos de Paul Shoiry sont « d'une incompétence crasse » quand il suggère de favoriser le compostage à Québec.

« Ça coûte 15 % de plus composter, la subvention est deux fois moins grosse, alors on ne commencera pas à payer plus cher pour composter alors que ça coûte 15 % de moins cher de biométhaniser. »

Il ajoute que Québec de surcroît n'a pas de terrain pour épandre les boues d'une usine de compostage.

Régis Labeaume espère que le gouvernement accordera à Québec une année additionnelle pour réaliser le projet. « C'est une question budgétaire. On voudrait étirer un peu plus l'investissement là-dedans, une année ou deux de plus. »

Le maire Labeaume dit vouloir reproduire « l'équipe-choc » de l'amphithéâtre pour piloter ce dossier et les grands projets d'infrastructures à Québec. 

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