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La brigade contre le harcèlement sexuel très discrète au FEQ

Alors que des jeunes femmes étaient évacuées par dizaines pour intoxications ou coups de chaleur, les membres de la brigade formés pour intervenir auprès de femmes en état de vulnérabilité se faisaient plutôt discrets mercredi soir, au Festival d'été de Québec (FEQ).

Un texte d’Alain Rochefort

Et ce constat n’est pas unique à la soirée électro qui avait lieu sur les plaines d’Abraham. Depuis le 5 juillet dernier, des équipes de Radio-Canada recherchent sur le terrain des représentants de l'escouade dont l'objectif est de prévenir le harcèlement sexuel, entre autres.

Force est de constater que la récolte est bien maigre une semaine après le début du FEQ. Un membre de la brigade, qui doit également se porter à la défense de toute personne vulnérable, est presque aussi difficile à trouver qu’une aiguille dans une botte de foin. La comparaison est à peine exagérée.

Mercredi soir, en plein cœur de la soirée électro sur les Plaines d’Abraham, une journaliste n’a pu recenser un seul membre de la brigade.

Bandeau jaune difficile à identifier

De son côté, notre photographe a pu capter deux croquis où sont visibles des personnes qui arborent des bandeaux jaunes. Par contre, bien malin est celle ou celui qui est capable de les identifier comme membres de la brigade.

Le bandeau jaune doit permettre aux festivaliers de reconnaître aisément un représentant de l'escouade dans une foule. Sur les photos de Radio-Canada, les bandeaux jaunes se retrouvent pourtant à l’arrière d’un sac à dos ou à la ceinture des membres de la brigade. Un affichage plutôt discret.

Trop peu nombreux, admet le FEQ

Samantha McKinley, directrice des communications du FEQ, admet que les membres de la brigade sont trop peu nombreux pour sa première année d’existence. Ils sont environ une soixantaine à interagir avec des milliers de festivaliers.

« 60 personnes, c’est peu. On ne se voit pas beaucoup sur les sites. […] On se noie dans la foule. On se fond dans la masse », a-t-elle confié à l’émission Première heure.

Mme McKinley est toutefois convaincue que l’initiative obtient tout de même des bons résultats, ne serait-ce que pour son effet dissuasif.

Au moins un cas d'agression a également été rapporté chaque soir du FEQ, assure Mme McKinley.

« Des interventions, il y en a eu, ça je peux le confirmer. Des gens nous ont approchés. Nous, on a approché des gens. Le principe d’être à l’affut et d’être proactif, ça fonctionne », ajoute-t-elle.

Le Service de police de la Ville de Québec n'a pour sa part reçu aucune plainte au sujet de possibles agressions.

Formation

Mme McKinley souhaite qu’un plus grand nombre de personnes reçoivent la formation assurée par des membres de Viol-Secours CALACS (Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) de Québec. Elle a suivi la formation personnellement.

« Ça m’a ouvert les yeux sur des mythes et des préjugés. Ce serait extraordinaire si l’ensemble des employés du FEQ pouvaient la suivre. Je pourrais même élargir ça aux festivaliers », souligne Samantha McKinley.

Une doctorante en travail social documente et analyse par ailleurs le travail effectué par les membres de la brigade à sa première année d’existence. Elle apportera des suggestions qui pourraient être mises en pratique par le FEQ dès l'an prochain.

Le FEQ dressera le bilan de sa 51e édition lundi.

Avec les informations de Camille Simard, Claudia Genel et Alice Chiche

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