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La clinique Les Saules forcée de fermer faute de médecins

En raison d'un manque de relève, la clinique médicale Les Saules à Québec fermera ses portes le 11 décembre prochain, après plus de 30 ans de service. Seulement deux médecins pratiquent à cette clinique qui peine depuis trois ans à attirer la relève.

L'un des médecins prendra sa retraite l'an prochain. L'autre médecin, la Dre Lise Plamondon, a décidé pour sa part de poursuivre sa pratique au centre-ville, même si l'idée de fermer une clinique ne lui plaît guère.

Elle avance que les jeunes médecins ne sont pas attirés vers des cliniques comme Les Saules parce qu'ils préfèrent des endroits plus vastes et modernes. Les clientèles plus lourdes semblent aussi moins attirantes.

« Quand ça fait 30 ans qu'on travaille, la clientèle vieillit avec nous autres. C'est une clientèle plus lourde. Et plus tu es nombreux, moins tu fais du sans rendez-vous aussi », avance la Dre Plamondon pour expliquer la situation.

D'autres cliniques sont également menacées de fermeture faute de médecins. Les heures d'ouverture ont été réduites au minimum depuis quelques mois à la clinique médicale Neufchâtel à Québec et celle du Chatel sur le boulevard l'Ormière fait aussi face à un manque de relève.

De l'espoir dans le projet de loi 20

La Dre Lise Plamondon estime qu'une meilleure répartition des effectifs pourrait régler en partie les problèmes d'effectifs. « À date, les jeunes médecins pouvaient aller travailler où ils voulaient. Ce serait, il me semble, une bonne façon de nous aider un peu en leur octroyant une zone de la ville de Québec où aller travailler. »

De l'espoir est en tout cas fondé dans la Loi 20 sur l'accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée, qui a été adoptée cet après-midi à l'Assemblée nationale. Le Dr Simon-Pierre Proulx de la clinique de Loretteville souligne que les médecins qui reviennent de région pourront désormais effectuer leurs heures obligatoires en établissement dans les groupes de médecine familiale, plutôt que dans les hôpitaux.    

« Ça, je pense que ça va aider beaucoup les groupes de médecine de famille pour le recrutement de médecins. Le fait d'être obligé d'être à temps partiel dans le groupe de médecine de famille et à temps partiel à l'hôpital était une barrière pour les médecins de s'installer pleinement dans un groupe de médecine de famille. »

François Paradis, porte-parole de la CAQ en matière de santé et de services sociaux, mentionne qu'il faudra néanmoins du temps pour la mise en application de la Loi 20.

« Il faut changer l'organisation, changer cette logique-là, faire en sorte que les médecins sortent des centres hospitaliers, soient déchargés de cette obligation pour faire en sorte qu'on puisse prendre en charge des patients. [...] C'est prévu dans le projet de loi 20, mais c'est à venir, à être mis en application, ce n'est pas un automatisme », dit-il.

La Loi 20 vise à favoriser l'accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée notamment en optimisant la gestion des effectifs médicaux pour combler les besoins sous-régionaux ou par secteur.

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