Retour

La coupe de 1,4 M$ à l'Université Laval contestée

Le bras de fer se poursuit entre le ministre de l'Éducation et l'Université Laval. François Blais exhorte l'Université Laval d'annuler les modifications apportées aux conditions d'après-mandat des hauts dirigeants il y a près d'an sans quoi son prochain chèque sera amputé de 1,4 million de dollars. Une décision qu'entend « contester vigoureusement » le conseil d'administration.

Le ministre Blais a l'intention de couper le prochain versement de la subvention de l'Université, prévu en décembre, de « la valeur de ce que pourrait représenter cette amélioration des conditions d'après-mandat », a-t-il justifié vendredi.

Le président sortant du conseil d'administration John Porter qualifie ce geste d'« inacceptable » et juge le calcul du ministère « totalement arbitraire » dans une réponse écrite qu'il a fait parvenir au ministre lundi, deux jours avant l'annonce de son départ.

M. Porter allègue que les changements aux conditions de réaffectation des hauts dirigeants ne s'appliqueront pas avant 2017-2018. Ils n'ont donc aucune incidence cette année.

Il rappelle que ces mêmes dirigeants, soit le recteur, les vice-recteurs, les vice-recteurs adjoints et le secrétaire général, ont demandé et obtenu une baisse de salaire de 3 %, qui, elle, est en vigueur.

« L'effet combiné de ces deux mesures n'engendre donc, pour les années 2014 à 2017, aucun coût supplémentaire, mais plutôt des économies », plaide John Porter. 

M. Porter soutient que les chiffres du Ministère « sont truffés d'erreurs factuelles et qu'ils ne sont pas fidèles à la variation des coûts des conditions de travail de l'équipe de direction ». Il demande donc au gouvernement de revenir sur sa décision.

Le ministre Blais ne veut pas « débattre de calculs ». Il martèle que l'Université a enfreint les règles, puisque les changements ne lui ont pas été soumis. 

John Porter mentionne, au contraire, avoir un avis en main lui indiquant qu'il n'était pas tenu d'obtenir l'approbation du ministère.

Mais le ministre demeure inflexible et n'offre qu'une option à l'Université si elle veut conserver toute sa subvention.

La nouvelle présidente du conseil d'administration, Marie-France Poulin, a indiqué au Soleil qu'elle n'avait pas l'intention de renverser la décision son prédécesseur.

Les étudiants exaspérés

La CADEUL qualifie de « guerre d'ego » le bras de fer entre le ministre Blais et l'Université Laval et dénonce la coupe de 1,4 million de dollars. 

Malgré son désaccord avec la décision du C.A. de bonifier les conditions d'après-mandat, la Confédération des associations d'étudiants considère que les étudiants ne doivent pas payer pour cette mauvaise décision.

« On assiste à une guerre d'ego entre deux concurrents à la course au rectorat d'il y a quelques années. Le recteur Brière et le ministre Blais n'arrivent pas à communiquer entre eux et, nous, on a l'impression qu'on est pris en otage et que les coupes vont affecter directement les étudiants », déplore le président de la CADEUL, Thierry Bouchard-Vincent.

Le ministre François Blais rappelle que les étudiants siègent au sein du conseil d'administration et qu'ils peuvent donc faire entendre leurs revendications auprès des autres membres.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine