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La disparition du Service de l'environnement dérange à Québec

Le Service de l'eau et de l'environnement de la Ville de Québec n'est plus une entité à part entière. À compter de ce dimanche, les activités de ce Service sont séparées et se retrouvent sous l'autorité d'autres entités. Un ex-employé dénonce cette réorganisation à l'heure où Québec affronte d'importants défis en matière d'environnement.

En décembre dernier, le conseil municipal a approuvé une nouvelle structure administrative devant entrer en vigueur ce dimanche. Les élus de Démocratie Québec ont cependant voté contre cette réorganisation qui doit entraîner des économies de 2,4 millions de dollars pour 2017.

Parmi les mesures prises, le poste de directeur du Service de l’eau et de l’environnement a été aboli. Quant au Service lui-même, il a été dissous. Ses différentes directions ont alors été fusionnées à d’autres entités de la Ville de Québec.

« Humblement, j’ai été 35 ans dans le milieu de l’environnement, lance Guy Lord, un ex-employé du Service. Il y a bien des choses qu’on voit évoluer […] C’est bien malheureux de voir qu’une ville aussi importante que Québec délaisse ce service-là. »

Bien que les différentes directions soient intégrées à d’autres entités de la Ville, M. Lord croit que la décentralisation du Service se traduira par une perte d’expertise.

Un service de la sorte, ça amène une concentration des différentes expertises [...] En étant éclaté, ça vient dissiper l’effort du groupe.

Guy Lord, ex-employé du Service de l'eau et de l'environnement de la Ville de Québec

À son avis, les économies dégagées par cette réorganisation administrative ne sont que de la poudre aux yeux à l’approche des prochaines élections municipales.

Je trouve que ça ne mérite pas une coupure de la sorte alors qu’on est dans un moment aussi à risque pour l’environnement.

Guy Lord, ex-employé du Service de l'eau et de l'environnement de la Ville de Québec

Il cite en exemple le fait que la Ville a connu des problèmes avec la qualité de l’air dans le port. Il rappelle aussi toutes les mesures qui doivent être prises pour protéger le lac Saint-Charles. Il entrevoit également des conséquences sur le plan de l’urbanisme avec la possible construction du Phare, dans Sainte-Foy.

« Ce sont tous des sujets à l’ordre du jour qui devraient être référés à un service de l’environnement », tonne Guy Lord.

Une réorganisation remise en question

Au Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale, on est en profond désaccord avec cette réorganisation administrative.

« On n'est pas dans une municipalité de 10 000 habitants et moins où ce serait peut-être normal qu'il n'y ait pas une direction formelle du service de l'environnement! », dit le directeur général Alexandre Turgeon.

S’il n’est pas encore convaincu des conséquences que cela aura sur les décisions prises en matière environnementale, il conçoit déjà que les efforts de protection de l’environnement risquent d’être dilués.

Comment leur nouveau patron, qui a plusieurs responsabilités qui ne sont pas que celles de l'environnement, va gérer ça parmi ses autres responsabilités?

Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l'environnement de la Capitale-Nationale

Qui plus est, l’idée de dissoudre des services et de fusionner certaines de leurs activités avec d’autres entités de la Ville de Québec n’est pas un gage d’amélioration des services, selon lui.

« L'idée de dire qu'on pitch à gauche et à droite, dans différents arrondissements, des services qui devraient être centralisés, pour nous, ça ne fait pas de sens », dit M. Turgeon.

Depuis un mois et demi à la Ville de Québec, il n'y a pas un élu qui est venu nous dire, nous expliquer et être capable de justifier ces décisions-là [...] sinon par la recherche d'économies en éliminant des cadres.

Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l'environnement de la Capitale-Nationale

« Depuis trois ou quatre ans, c'est ça, à la Ville de Québec. On brasse continuellement les structures, on change tout de bord, et on cherche constamment la logique dans ces rebrassages-là. »

Il soutient que cette façon de faire mine le moral des employés et ne se base pas sur les meilleures pratiques de gestion.

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