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La gestion de la crise à l'Université Laval continue d'être critiquée

Les réactions continuent de fuser de toutes parts sur la façon dont le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, a géré la crise concernant les allégations d'agressions et d'intrusions survenues dans une résidence étudiante du campus.

Le recteur est montré du doigt pour sa présence publique tardive dans le dossier et le peu d'empathie démontrée pour les présumées victimes.

La ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, a laissé entendre mercredi que de l'empathie peut être démontrée, sans nuire à l'enquête en cours.

« Je pense que c'est important de dénoncer sur toutes les tribunes, je pense que ces jeunes femmes ont besoin de notre support, qu'on les rencontre, d'être présents. »

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, se garde également de commenter directement la sortie publique tardive du recteur, mais souligne qu'il préfère pour sa part gérer ses dossiers de près.

« Ce que je vous dis, c'est que j'ai toujours géré les dossiers de près. Dans ce qui me concerne, la façon pour moi, c'est d'être près des gens et c'est la raison pour laquelle ce soir je serai là », mentionne le ministre qui sera du rassemblement de solidarité, mercredi soir.

De son côté, la députée de Québec Solidaire, Manon Massé, parle d'occasion ratée. « Il y a probablement eu une occasion manquée d'avoir là un propos très ferme, très clair sur la non-acceptabilité des choses », dit-elle.

La députée presse la ministre de l'Enseignement supérieur de déposer le plus rapidement possible le plan d'action contre la violence sexuelle sur les campus universitaires. Mme Massé croit que le retrait du cours d'éducation sexuelle il y a une quinzaine d'années au Québec joue un rôle dans le manque d'éducation à l'heure actuelle.

Le caquiste François Legault souligne pour sa part que des actions doivent être prises rapidement pour assurer la sécurité sur les campus. « Il faut s'assurer qu'il y ait une espèce de protocole mis en place dans tous les cégeps et universités pour prévenir, et quand il arrive un événement, qu'il y ait des actions de prises rapidement et qu'on communique rapidement avec la population. »

La militante féministe Léa Clermont-Dion, étudiante à l'Université Laval, estime quant à elle inacceptables les explications du recteur, qui a notamment affirmé mardi qu'il n'était pas intervenu publiquement depuis samedi en raison de l'enquête policière.

Léa Clermont-Dion soutient que le recteur tient un discours complètement dépassé.

« C'est absolument inacceptable la réponse du recteur : "barrez vos portes les filles", c'est une réponse qu'on s'attendrait d'une personne des années 50. Il faut assurer une sécurité, prévenir également », souligne-t-elle.

La militante déplore également la « récupération politique » du recteur dans le dossier qui a invité par courriel les étudiants à participer au rassemblement solidaire organisé au départ par un professeur de l'Université.

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