Dans son deuxième rapport, le vérificateur général de la Ville de Québec, Michel Samson, souligne la mauvaise gestion des arénas, l'absence de reddition adéquate au Bureau des grands événements et le nombre élevé d'heures supplémentaires au Réseau de transport de la Capitale (RTC).

Un texte de Louise Boisvert

« Il va falloir un véritable changement de culture », affirme d’entrée de jeu le vérificateur général en parlant de l’administration des 13 arénas de la Ville de Québec.

Michel Samson est catégorique : il y a un manque flagrant d’informations sur les besoins en heures de glace, ce qui réduit l’efficience de ses équipements. De plus, la tarification varie d’un endroit à l’autre.

Ce qui pose problème, ce sont les heures de glace offertes en dehors des heures de pointe, les soirs et fins de semaine. En 2015, cela représente 10 000 heures sur le territoire de la Ville de Québec qui sont non utilisées.

« Il est temps que la Ville adopte une vision globale et qu’elle assure un leadership », lance Michel Samson, qui dénonce le travail en silo des arénas, un héritage des anciennes villes selon lui.

L’administration Labeaume entend cette récrimination et dit vouloir mettre en place un système plus centralisateur afin d’uniformiser les pratiques.

« On ne peut pas se permettre d’être inéquitable », a affirmé le vice-président du comité exécutif à la Ville de Québec, Jonatan Julien.

Conflit d’intérêts au Pavillon de la jeunesse?

Le cas de la gestion de la glace du Pavillon de la jeunesse, sur le site d’ExpoCité, pose problème selon Michel Samson. Le gestionnaire que la Ville a engagé par appel d’offres est également le gestionnaire d’une ligue de hockey qui utilise la glace.

Le vérificateur général s’interroge sur un potentiel conflit d’intérêts. Il invite la Ville à revoir ce contrat et peut-être même à le résilier.

« On prend la recommandation du VG au sérieux », assure Jonatan Julien, qui précise toutefois qu'il n’a pas été démontré que le gestionnaire en tire un avantage quelconque.

Réservoir inadéquat

Le vérificateur général s’est aussi intéressé à la gestion de l’eau potable. L’eau à Québec est de bonne qualité et répond aux normes. La Ville a mis en place un réseau pour répondre à la demande des prochaines années.

Le vérificateur s’inquiète cependant du réservoir de Québec, qui dessert 30 % de la population, principalement en Haute-Ville. En cas de bris majeur, le réservoir a une réserve d’opération de 3,9 heures. La Ville a aménagé un système de pompage temporaire. Le vérificateur demande une solution permanente.

Manque de transparence

Depuis les célébrations visant à souligner le 400e anniversaire de Québec, l’administration Labeaume mise sur les grands événements pour faire rayonner la Ville. En 2015, un montant de 10 millions de dollars a été alloué à l’organisation de 119 événements.

Le vérificateur général reconnaît l’expertise que la Ville a développée dans ce domaine, mais affirme que le Bureau des grands événements (BGE) ne donne pas suffisamment d’informations ni sur ses critères de sélection pour accorder du financement, ni sur les retombées économiques que ceux-ci génèrent.

Il souligne également l'absence de reddition de compte de la part de l'organisme.

« On ne sait pas trop pourquoi on recommande 50 000 $ ou 200 000 $ pour un événement », relève M. Samson.

La Ville en prend acte, s’engage à s’asseoir avec le BGE et établir une grille de critères et d’évaluation. « Ça ne veut pas dire que les décisions du BGE se font sur un coup de tête, mais on va gagner à venir préciser ces éléments. »

Temps supplémentaires au RTC

Le vérificateur général souligne également certaines irrégularités dans la gestion des congés des employés d’entretien au RTC.

Michel Samson donne l’exemple du vendredi, journée où il se prend le plus de congés en heures compensées. C’est aussi la journée où il se fait le plus d'heures supplémentaires.

En 2015, les heures supplémentaires ont coûté 2 millions de dollars au RTC.

Signalement des fraudes et inconduites

C’est le vérificateur général qui gère la ligne de signalement mise en place pour les employés qui souhaitent dénoncer de façon anonyme des événements qu’ils jugent suspects.

Dans la dernière année, le vérificateur n’a traité que treize plaintes et une seule a été transmise aux autorités municipales.

Michel Samson croit qu’il serait temps de relancer la ligne de signalement pour rappeler aux employés qu’elle existe.

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