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La Maison L'Éclaircie veut traiter les troubles alimentaires dans Chaudière-Appalaches

La Maison L'Éclaircie, qui traite les personnes atteintes d'un trouble alimentaire à Québec, veut étendre ses activités de l'autre côté des ponts. Chaque année, 14 % des demandes d'aide formulées auprès de l'organisme proviennent de Chaudière-Appalaches, où aucun service semblable n'est offert.

Un texte d'Alexandre Duval

« En ce moment, il y un trou de services [dans Chaudière-Appalaches], explique la directrice générale de la Maison L'Éclaircie, Myriame Trudel. Il n'y a personne qui répond à ce besoin-là. »

La Maison L'Éclaircie, qui se spécialise dans le traitement des troubles alimentaires, offre gratuitement des suivis de groupe et individuels. Ce modèle n'existe simplement pas dans la région voisine.

« Ce qui se passe dans Chaudière-Appalaches, c'est qu'il y a les CLSC, comme dans toutes les régions, qui ne sont pas spécialisés dans les troubles alimentaires. Ils sont plutôt généralistes », explique Myriame Trudel.

Une clinique privée existe également à Lévis, mais les coûts sont dissuasifs pour certains. Résultat : des patients de Chaudière-Appalaches, même s'ils viennent d'aussi loin que Saint-Georges, en Beauce, téléphonent à Québec pour obtenir de l'aide.

Les patients de Chaudière-Appalaches représentent un appel sur sept, et ce, sans même que la Maison L'Éclaircie ne publicise ses services de l'autre côté du fleuve.

Depuis février, l'organisme parvient à répondre à la demande grâce à une subvention de 25 000 $ du programme Bell cause pour la cause. Or, cette enveloppe sera bientôt vide, ce qui signifie que les patients de Chaudière-Appalaches pourraient se retrouver à nouveau sans ressources.

« Je me sentais tellement seule »

Laurie Caron illustre les nombreux cas de personnes de Chaudière-Appalaches qui ont dû se tourner vers la Maison L'Éclaircie pour trouver de l'aide.

Mère de deux enfants, bientôt trois, elle a perdu 40 livres en 3 mois, à la fin de l'année 2015. « Je me faisais vomir de façon régulière, trop régulière, dit-elle. J'ai essayé d'arrêter, mais je n'étais pas capable. »

Après avoir reçu un diagnostic d'anorexie, elle a tenté d'obtenir des services dans un CLSC. Son cas n'a pas été jugé prioritaire.

« La psychologue du CLSC m'a contactée pour me poser une série de questions pour me situer sur la liste de priorités pour me répondre que finalement, puisque je n'ai pas d'idées suicidaires, la liste d'attente va être de trois à six mois », raconte-t-elle.

Laurie a aussi essayé les services d'une clinique privée. Or, pour cette étudiante et travailleuse à temps partiel, les consultations à plus de 100 $ l'heure se sont vite révélées hors de prix.

À bout de ressources, Laurie s'est tournée vers la Maison L'Éclaircie. Le moment était bon : avec l'aide de Bell cause pour la cause, l'organisme était alors en mesure d'accueillir des patients en provenance de la région voisine. Mais recevoir ses traitements à Québec est loin d'être facile.

Au moins 60 000 $ par année

La nécessité d'un point de service de la Maison L'Éclaircie sur la rive sud se fait donc sentir non seulement en termes de demande, mais aussi en termes de géographie.
Pour y parvenir, Myriame Trudel demande au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de subventionner son organisme à hauteur d'au moins 60 000 $ par année.

« On va avoir besoin d'une subvention si on veut poursuivre les services, explique la directrice générale. Il y a plein de choses qui s'articulent autour des services dans Chaudière-Appalaches, mais c'est des subventions ou des sommes d'argent ponctuelles. »

La somme convoitée permettrait de payer un local dans Chaudière-Appalaches, une intervenante à temps plein et une nutritionniste à temps partiel.

Pour le CISSS, il est encore trop tôt pour commenter la proposition. Une rencontre est néanmoins prévue entre un représentant du réseau de la santé et la Maison L'Éclaircie la semaine prochaine.

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