Le groupe identitaire La Meute veut se défaire de l'image de mouvement « raciste, islamophobe et d'extrême droite » qui lui colle à la peau depuis sa fondation. Pour ce faire, l'organisation a dévoilé lundi son manifeste, un document d'une quinzaine de pages qui précise ses valeurs et revendications.

Un texte de Louis Gagné

Interdiction du port du niqab et de la burqa, déchéance de la nationalité, fin de « l’immigration illégale », abolition du cours Éthique et culture religieuse, interdiction de l’abattage rituel, promotion de la langue française et de la culture générale, etc. : les 17 propositions de La Meute tournent principalement autour des enjeux identitaires et de laïcité.

Le manifeste parle également de réforme du système électoral, du sort des Premières Nations ainsi que du soutien aux vétérans, aux aînés et aux sans-abris.

Même si elle emploie des expressions comme « les Québécois d’abord » et que plusieurs de ses revendications concernent les immigrants et les musulmans, La Meute assure ne pas être xénophobe ni islamophobe.

L’organisation, qui avait convié les médias à un point de presse lundi matin à Saint-Agapit, dans la MRC de Lotbinière, affirme s’opposer à toute forme de distinction basée sur « la race, la couleur, le sexe, l’orientation sexuelle, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale et la condition sociale ».

Contre l’islamisme radical

Le groupe insiste sur la distinction qu’elle fait entre, d’une part, les immigrants légaux et ceux qui tentent d’entrer illégalement au pays et, d’autre part, la religion musulmane et l’islamisme radical.

« Avez-vous quelque chose contre les musulmans? Avez-vous peur de la communauté musulmane, des immigrants musulmans? » a demandé un journaliste au porte-parole de La Meute.

« Pas du tout », a répondu Sylvain Brouillette.

Il mentionne que son groupe cherche simplement à conscientiser la population aux dangers associés à l’islamisme radical.

« Il y a des gens qui nous ont approchés, qui sont eux autres mêmes musulmans, qui sont venus au Canada pour échapper à l’islam radical puis ils ne veulent pas voir ces conditions-là se reproduire au Québec », raconte M. Brouillette.

« Image négative »

Le porte-parole de La Meute reproche aux médias d’avoir contribué à « l’image négative » que traîne le groupe identitaire. Cette image est à ce point déformée selon lui que les personnes racistes et xénophobes qui adhèrent au groupe ne se reconnaissent pas dans ses valeurs et ont tendance à ne pas y demeurer longtemps.

Sylvain Brouillette espère que la publication du manifeste permettra de corriger cette impression.

« On a été catégorisés comme extrême droite, racistes, xénophobes. Vous allez en tirer vos propres conclusions en lisant le manifeste. Je ne pense pas qu’on est un groupe d’extrême droite, je pense qu’on représente les inquiétudes du peuple québécois. »

La Meute n’a pas l’intention de se transformer en parti politique. Elle entend néanmoins faire valoir ses revendications lors de la prochaine campagne électorale.

Le groupe n’encouragera pas ses membres à voter pour tel parti ou tel candidat, et ce, même si Sylvain Brouillette dit qu’« il faut absolument sortir les libéraux ». La Meute se contentera de présenter la position des formations politiques par rapport à ses différentes revendications.

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