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La Nation Mi'kmaq de Membertou, en N.-É., accueille l’élite du hockey autochtone

Les voyages et les déplacements sont la norme pour les adolescents qui visent une carrière sportive. C'est un défi auquel sont confrontés plusieurs hockeyeurs et hockeyeuses des Premières Nations rencontrés à Membertou, en Nouvelle-Écosse, à l'occasion du Championnat national autochtone.

Naomi Boivin, de Mashteuiatsh au Québec, évolue à la défensive pour l’équipe PEN-EDN (Porte de l'Est et du Nord). C’est la troisième fois qu’elle participe à cette compétition, qui regroupe les 600 meilleurs hockeyeurs et hockeyeuses autochtones du Canada.

La jeune femme qui aura 18 ans le mois prochain a quitté le Lac-Saint-Jean pour Québec, afin de poursuivre sa passion pour le hockey. « Il n’y a pas de hockey féminin à Mashteuiatsh », explique-t-elle.

Celle qui pratique le hockey depuis l’âge de 9 ans vient de terminer sa saison au niveau Midget AA, où elle était la seule joueuse autochtone de l’équipe.

« Ça fait deux ans que j’ai quitté ma communauté, et j’ai trouvé ça dur au début, parce qu’il faut que je quitte ma famille, mes amis, mon école », explique-t-elle. « Québec, ce n’est pas à côté de chez nous. »

C’était un choix difficile, mais qui s’imposait pour cette étudiante, qui ambitionne maintenant d’évoluer au niveau collégial et, plus tard, universitaire.

« Si les jeunes veulent faire du hockey élite, jouer dans le plus gros calibre, souvent ils n’ont pas le choix de quitter leur communauté », dit Naomi Boivin.

« Les jeunes méritent d’être connus », lance Steeve Gros-Louis, l’entraîneur-chef de l’équipe Porte de l'Est et du Nord. Au-delà de l’aspect sportif, il estime que le Championnat national autochtone de hockey est important pour confronter certains préjugés et mettre en valeur le talent que recèlent les communautés autochtones du pays.

« Il y a tellement de talent dans les communautés. C'est juste qu'il faut les trouver, parce que bien souvent, les communautés sont éloignées, c'est difficile pour eux des fois de jouer dans les centres urbains », explique M. Gros-Louis, qui est membre de la Nation huronne-wendat de Wendake, dans la région de Québec.

Son fils, Dewatha, est lui aussi confronté au choix déchirant de devoir s’éloigner des siens. « C’est un sacrifice qu’il faut faire », reconnaît l’attaquant qui a joué pour l’Université Bishop's, à Sherbrooke.

« Rendu à mon âge, dans le circuit québécois, c'est plus serré, il faut voir ailleurs », dit celui qui vient de fêter ses 18 ans durant le Championnat national autochtone. « Ici, c'est une bonne occasion pour se faire voir et je pense que ça peut m'aider, et j'espère me rendre plus loin. »

L’équipe féminine du Manitoba et l’équipe masculine de la Colombie-Britannique ont quitté Membertou avec les grands honneurs.

C’était la première fois en 18 ans qu’une Première Nation Mi'kmaq présentait l’événement.

L’édition 2019 du Championnat national autochtone de hockey aura lieu à Whitehorse, au Yukon.

D'après un reportage de Stéphanie Blanchet

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