La date du 29 avril 2017 était encerclée depuis fort longtemps sur le calendrier d'Antony Auclair. Le repêchage de la NFL, qui s'échelonne sur trois jours, s'est amorcé jeudi. L'ampleur du moment ne semble toutefois pas affecter l'ailier rapproché, bien serein au bout du fil.

Un texte de Félix St-Aubin

Les derniers mois ont été éreintants pour le receveur du Rouge et Or de l'Université Laval, qui n'a pas cessé de faire la navette des deux côtés de la frontière canado-américaine.

Des visites en Floride, pour l'East West Shrine Game, au Tennessee, afin de s'entraîner avec l'instructeur Charlie Petrone, et dans les installations de 10 organisations de la Ligue nationale de football (NFL) ont meublé l'hiver et le printemps d'Auclair.

Maintenant que l'épuisant processus menant au repêchage est chose du passé et que la poussière est retombée, le Québécois, heureux de ses prestations tant sur le terrain qu'en dehors de celui-ci, affiche une attitude calme et paisible.

La pression générée par cet événement hors du commun pour un joueur de football de la Belle Province ne semble en aucun cas l'accabler.

« C'est sûr que je vais avoir ma chance quelque part, a-t-il soutenu, sans aucune hésitation. Que ce soit comme joueur repêché, comme joueur autonome [ou en tant qu'invité à un camp d'entraînement], je suis sûr que j'aurai une occasion. J'ai l'impression que je peux toucher [à mon rêve]. (...) C'est ça l'important dans le fond. »

Une cuvée relevée

À moins d'une surprise de taille, Auclair ne devait pas être concerné par les deux premières journées de l'encan.

Jeudi et vendredi, les équipes de la NFL ont choisi les joueurs formant les trois premiers tours de sélections. C'est samedi que l'athlète de 23 ans pourrait entendre son nom être prononcé ou, à tout le moins, recevoir une offre de contrat en tant que joueur autonome non repêché.

« C'est sûr que ce soir et demain [jeudi et vendredi, NDLR], mon attention ne sera pas trop portée vers le repêchage. Pour l'instant, je vais simplement regarder les joueurs à ma position qui sortiront pour me donner une petite idée du moment où je pourrai être choisi samedi. »

Les formations du circuit Goodell ont l'embarras du choix cette année au poste d'ailier rapproché. Ils sont nombreux à pouvoir faire le saut dans la NFL. On n'a qu'à penser à O.J. Howard, David Njoku et Evan Engram, qui composent le trio de tête.

Cette tendance témoigne allègrement de l'appréciation des directeurs généraux pour les ailiers rapprochés, une position qui a vu sa valeur décupler avec l'explosion du jeu aérien.

Des questions singulières et intimes

Les dirigeants n'ont pas l'habitude de lésiner lorsqu'il s'agit d'approfondir leurs connaissances sur le joueur qui se retrouve devant eux lors des entrevues individuelles. Les profils des athlètes sont nécessairement passés au peigne fin à l'aide de questions qui touchent toutes les sphères de leur vie.

« Il y a beaucoup de questions personnelles et surtout, par rapport à la famille. [On nous questionne à savoir] si l'on a eu des problèmes avec la justice, à l'école, si l'on a dû manquer des matchs, les blessures et si l'on apprend facilement. Ils veulent tout savoir de A à Z », a indiqué Auclair.

Les membres de la direction se renseignent également sur la vie familiale du joueur et sur les occupations de son entourage. Bref, rien n'est laissé au hasard.

Le natif de Notre-Dame-des-Pins, en Beauce, juge qu'il a bien géré cette dernière étape du processus qui met la table pour le repêchage. Sans dévoiler le nom des équipes qu'il a rencontrées par respect pour celles-ci, le principal concerné estime que la chimie était meilleure avec une poignée d'entre elles.

Reste à voir si cette appréciation de part et d'autre se transformera en une sélection au repêchage.

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