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La pêche au bar rayé doit reprendre dans le fleuve Saint-Laurent, dit la FédéCP

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP) presse Québec d'autoriser la pêche au bar rayé dans le fleuve Saint-Laurent. Toujours considéré comme une espèce menacée, le bar rayé a pourtant vu sa population exploser ces dernières années.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Ce poisson à chair blanche a complètement disparu du Québec dans les années 60 en raison d'une surpêche sportive et commerciale.

À la suite des pressions de la FédéCP, un programme de réintroduction de l’espèce a été entamé en 2002. Il est depuis interdit de pêcher ce poisson.

S’il est désormais possible de conserver deux bars rayés durant toute la saison 2017 au sud de la Gaspésie, sa pêche demeure interdite ailleurs dans la province.

« Nous, on s'attendait à une pêche une dizaine d'années après. Depuis cinq ans, on demande au gouvernement d'ouvrir la pêche parce qu'on sait qu'il y a en a beaucoup, de bars rayés », explique le directeur général de la FédéCP, Alain Cossette.

La FédéCP estime que la réouverture de la pêche au bar rayé serait positive pour le tourisme et l'économie.

Une surpopulation de ce poisson pourrait aussi nuire à l’équilibre de l’écosystème, notamment s’il atteint les rivières à saumon, prévient M. Cossette.

Manque de données

Le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs admet (MFFP) que le « rétablissement de la population de bars rayés dans le fleuve Saint-Laurent progresse bien ». Les connaissances actuelles sont toutefois trop fragmentaires pour conclure que l’espèce n’est plus menacée.

Une modification de la réglementation en vigueur n’est donc pas envisagée tant que le bar rayé demeure sous la protection de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

Le MFFP, en collaboration avec Pêches et Océans Canada, tente depuis plusieurs années de documenter le rétablissement du bar rayé dans la région de Québec.

Les données sont notamment recueillies à une station de pêche, installée à l’Anse Gingras, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de Lévis. L’Aquarium du Québec l’utilise pour recenser les espèces dans le cours d'eau.

Même si la station de pêche dénombre de plus en plus de bars rayés, l’Aquarium croit qu’il faut être très prudent avant d’autoriser sa pêche dans le fleuve.

« C'est une espèce qui avait besoin de protection. Donc pour nous, c'est d'encourager qu'on en connaisse assez et avant qu'on fasse des démarches, il faut s’assurer que l'espèce n'est pas problématique », affirme la directrice de la conservation et des soins animaux à l’Aquarium du Québec, Jill Marvin.

Pêches et Océans Canada précise « qu’il n’y a pas d’information scientifique qui appuie l’idée qu’enlever du bar rayé des estuaires va améliorer les montaisons de saumon de l’Atlantique. » Des études à ce sujet sont d'ailleurs en cours.

Outre la pêche, d’autres menaces telles que la perturbation des habitats riverains, la contamination et les espèces exotiques envahissantes pourraient aussi nuire à la survie et au rétablissement de l’espèce, rappelle l’organisation fédérale.

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