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La prison de Québec fait de la place aux manifestants du G7

Alors que de nombreux pénitenciers de la province débordent, des détenus de l'Établissement de détention de Québec (EDQ), aussi connu sous le nom de prison d'Orsainville, seront transférés pour loger les manifestants qui pourraient être arrêtés en juin durant le Sommet du G7, dans Charlevoix.

Un texte de Fanny Samson

Cette mesure a été mise en place par le ministère de la Sécurité publique en prévision de la conférence diplomatique, qui réunira les sept plus grandes puissances du monde les 8 et 9 juin prochain au Manoir Richelieu, à La Malbaie.

« L’établissement ne sera pas vidé. Une partie des places disponibles [...] seront libérées », précise par courriel le Ministère.

Les prisonniers seront transférés dans « d’autres établissements de détention » par fourgon cellulaire, ajoute-t-on.

Le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, soutient que ces transferts sont récurrents d'un événement majeur à l'autre. Ce fut d'ailleurs le cas lors du Sommet des Amériques de Québec en 2001.

Toutefois, le manque de places disponibles dans les établissements de détention de la province l'inquiète. Il soutient que la capacité opérationnelle de la prison de Québec « est pratiquement atteinte ».

« Ça veut dire que dans l’ensemble du réseau, c’est aussi le même constat », souligne-t-il.

Places disponibles

L'Établissement de détention de Québec compte 704 cellules dans le secteur masculin, et 57 au secteur féminin. Actuellement, 665 hommes et 51 femmes sont incarcérés à l’EDQ.

Le gouvernement refuse, pour des raisons de sécurité, de divulguer combien de détenus seront déplacés.

Toutefois, les données divulguées suggèrent qu’en date du 21 mars, 39 places sont toujours vacantes chez les hommes, et 6 chez les femmes.

Le ministère de la Sécurité publique évalue donc que les besoins risquent d'être plus grands que le nombre de places disponibles actuellement.

Selon Mathieu Lavoie, les prisons situées en périphérie de Québec, où les détenus pourraient être transférés, soit à Trois-Rivières, à Roberval, et à Rimouski, sont aussi à pleine capacité.

« On n’a pas la capacité d’accueillir des gens en masse », indique-t-il.

Il ajoute par ailleurs que l'EDQ a actuellement une vingtaine de postes d'agents correctionnels à temps partiel à pourvoir.

Les coûts

La Sécurité publique estime à 200 000 $ les coûts de cette opération reliée à la tenue du G7.

Le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec soutient que ce montant semble peu élevé, si on le compare aux sommes dépensées lors du Sommet des Amériques à Québec.

« On parlait de 5 millions [...] On a peut-être sous-estimé ou encore on n'a peut-être pas encore toutes les données présentement pour dire ça va être quoi les coûts », soulève Mathieu Lavoie.

Avec les informations de Cathy Senay

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