Alors que le projet de marché public sur le site d'ExpoCité suscite des réactions diverses, la présidente du conseil d'administration de l'Association des marchés publics du Québec (AMPQ) réfléchit sur ses chances de réussite. À l'émission Première heure, Diane Séguin, qui est aussi gestionnaire de marchés, a analysé le projet de la Ville de Québec en vertu des tendances québécoises et internationales. Voici quelques-unes de ses observations.

La solidité d'un marché dépend de sa clientèle de base

« Les gens oublient souvent que la première raison d'un marché public, c'est d'être un espace de transaction pour les agriculteurs. » Diane Séguin rappelle que le premier défi qui attend les administrateurs du nouveau marché sera de conserver la base d'habitués qui fréquentent le marché du Vieux-Port actuellement. Il faudra aussi élargir la base de clients fidèles, qui représentent une grande part des revenus des producteurs agricoles présents dans les marchés.

Le tourisme : intéressant, mais pas vital

« Les touristes, c'est la cerise sur le sundae », illustre Diane Séguin.  Bien que l'alimentation pèse de plus en plus dans le choix d'une destination touristique, les touristes sont rarement l'élément vital du plan d'affaire d'un marché. Elle souligne que les touristes achètent peu de viande et de légumes, davantage de conserves et de produits de l'érable.

Pouvoir compter sur des producteurs agricoles motivés

La gestion du futur marché par la Coopérative des horticulteurs est un des grands atouts du projet, selon Diane Séguin. « La première question qu'on pose à des gens qui veulent lancer un marché est : "Qui sont vos producteurs?" ». Un aspect souvent négligé par les organisateurs de marché public en devenir. Selon un rapport de l'AMPQ publié en 2014, le recrutement des exposants est l'enjeu le plus préoccupant des gestionnaires de marchés publics au Québec. La grande base d'exposant de la coopérative assure une bonne offre.

Un grand bassin de population ne garantit pas le succès

L'argument de l'accessibilité d'Expocité en voiture ne convainc pas Diane Séguin spontanément. « Chaque arrondissement de Montréal compte au moins 50 000 personnes, mais quelques marchés satellites ont peiné à survivre à la première année. » Ce serait plutôt l'intégration du marché dans le tissu urbain qui garantit le mieux son succès.

Le client passant n'est pas payant

Diane Séguin, qui a organisé des marchés publics temporaires dans des fêtes champêtres ou des festivals urbains, est sceptique devant l'idée que les spectateurs de l'amphithéâtre vont gonfler les ventes du marché. « Les gens achètent peu quand le but premier de leur présence n'est pas de faire des courses. »

Ne pas se tromper de cible

Le maire de Québec décrit sa clientèle cible comme étant le jeune couple, avec un ou deux enfants. Une vision des choses qui n'est pas partagée par Diane Séguin. La fondatrice du Marché d'été de Saint-Lambert, croit que la clientèle des jeunes familles de banlieue est la plus difficile à fidéliser en raison de leur manque de disponibilité.

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